IV A VA>'T -PROPOS
citoyens à la même lâche, en un mot à une véritable unité nationale; ce sera la lutte dans chaque commune, une partie du peuple annihilée par l'autre et la nation paralysée dans son action. Toute notre histoire nous crie qu'il y a un degré d'union nécessaire entre FEglise et l'Etat et que, sans cette union, la paix n'est pas possible chez nous. Un peuple ne va pas à rencontre de ses traditions historiques : c'est dans l'histoire que nous devons chercher la solution des difficultés actuelles, non pas pour l'emprunter telle quelle au passé, mais pour la choisir conforme à ce qui, de notre passé, vit encore dans notre présent et le détermine ; modifions le concordat, si de nouvelles circonstances politiques et sociales l'exigent, mais n'y renonçons pas ; complétons-le. ne le détruisons pas. « Le changement est inévitable, disait en 1867, à Edimbourg, le grand homme d'Etat Disraeli, maie il s'agit de savoir si ce changement sera réalisé en harmonie avec les mœurs, les coutumes, les lois, les traditions du peuple, ou bien s'il le sera comme une conséquence de principes abstraits et de doctrines arbitraires. Dans le premier cas, c'est un système national ; dans le second, pour lui donner le pire nom qu'il puisse mériter, c'est un système philosophique. »
AVA?nT-PROP()S
Je crains bien que ce ne soit en veiiii d'un système philosophique que le parti vainqueur .veuille nous imposer aujourcriiui la séparation de rÉglise et de TÉtat et que ce ne soit aussi en vertu d'idées purement spéculatives que certains catholiques, dont j'étais naguère et dont je ne suis plus, acceptent de gaieté de cœur ce nouveau régime. Si, comme il est vraisemblable, nous ne pouvons l'éviter, nous tâcherons d'en tirer parti et la bataille, nous trouvera prêts,, je l'espère ^ ; n'ayons pas du moins la naïveté de faire le jeu de nos ennemis.
Alfred Baldrillart.
' Au moment où nous écrivons ces lignes, nous recevons la sage, courageuse et pratique Instruction pastorale du cardinal Perraud sur les circonstances dans lesquelles les catholiques ont te droit et le dcuoir de se défendre (Autun, iQoS).
de Concordat