Scène XVIII
Octave, Claudio
CLAUDIO, paraissant Que voulez- vous?
octave Où est Célio?
CLAUDIO
Je ne pense pas que son habitude soit de coucher dans cette maison.
Si tu l'as assassiné, Claudio, prends garde à toi; je te tordrai le cou de ces mains que voilà.
CLAUDIO
Êtes- vous fou ou somnambule? Cherchez dans ce jardin, si bon vous semble; je n'y ai vu entrer personne; et si quelqu'un Ta voulu faire, il me semble que j'avais le droit de ne pas lui ouvrir. {Octave entre, Claudio va au-devant de Tibia et lui dit:) Tout est-il fini comme je l'ai ordonné?
Qui, monsieur, soyez en repos; ils peuvent chercher tant qu'ils voudront.
QUATRE COMÉDIES 6l
CLAUDIO
Maintenant songeons à ma femme, et allons prévenir sa mère. {Ils sortent. )
Scène XIX Marianne, seule Cela est certain; je ne me trompe pas — j'ai bien vu, j'ai bien entendu. Derrière la maison, à travers les arbres, j'ai vu des ombres dispersées ça et là, se joindre tout à coup et fondre sur lui. J'ai entendu le bruit des épées, puis un cri étouffé, le plus sinistre, le dernier appel ! — Pauvre Octave ! tout brave qu'il est (car il est brave), ils l'ont surpris, ils l'ont entraîné. Est-il possible, est-il croyable qu'une pareille faute soit payée si cher? Est-il possible que si peu de bon sens puisse donner tant de cruauté? Et moi qui ai agi si légèrement, si follement par pure plaisanterie, par pur caprice ! — Il faut que je le voie, il faut que je sache . . .
Scène XX Marianne, Octave Octave entre Vépée à la main en regardant de tous côtés
Octave, est-ce vous?
octave C'est moi, Marianne. — Cého n'est plus !
MARIANNE
Célio, dites-vous? Comment se peut-il?. . .
OCTAVE
Il n'est plus !
O ciel !
MARLA.NNE
OCTAVE
Il n'est plus ! N'aUez pas par là.
MARIANNE
Où voulez- vous que j'aille? Je suis perdue ! Il faut partir. Octave, il faut fuir ! — Claudio sûrement n'est pas dans la maison?
OCTAVE
Non; ils ont pris leurs précautions, et m'ont laissé prudemment seul.
MARIANNE
Je le connais, je suis perdue, et vous peut-être aussi. . . Partons ! ils vont revenir, et tout à l'heure,
Partez si vous voulez; je reste. S'ils doivent revenir ils me trouveront, et, quoi qu'il advienne, je les attendrai. Je veux veiller près de lui dans son dernier sommeil.
MARIANNE
Mais moi, m'abandonnerez- vous? Savez- vous à quel danger vous vous exposez, et jusqu'où peut aller leur vengeance ?
OCTAVE
Regardez là-bas, derrière ces arbres, cette petite place sombre, au coin de la muraille; là est couché
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QUATRE COMÉDIES (i^i
mon seul ami; quant au reste, je ne m'en soucie guère,
MARIANNE
Pas même de votre vie — ni de la mienne?
OCTAVE
Pas même de cela. Regardez là-bas ! . . . Moi seul au monde je l'ai connu. Posez sur sa tombe une urne d'albâtre couverte d'un long voile de deuil, ce sera sa parfaite image. C'est ainsi qu'une douce mélancolie voilait les perfections de cette âme tendre et délicate. . . Elle eût été heureuse la femme qui l'eût aimé.
MARIANNE
L'aurait-il défendue si elle avait couru un danger?
Oui, sans nul doute, il l'aurait fait ! — Lui seul était capable d'un dévouement sans bornes; lui seul eût consacré sa vie entière à la femme qu'il aimait, aussi facilement qu'il a bravé la mort pour elle.
MARIANNE
Et vous. Octave, ne le feriez- vous pas?
OCTAVE
Moi? — moi, je ne suis qu'un débauché sans cœur; je n'estime point les femmes. L'amour que j'inspire est comme celui que je ressens, l'ivresse passagère d'un songe. Ma gaieté n'est qu'un masque; mon cœur est plus vieux qu'elle ! Ah ! je ne suis qu'un lâche ! sa mort n'est point vengée ! {Il jette à terre son épée.)
MARIANNE
Comment aurait-elle pu Têtre?. . . Claudio est trop vieux pour accepter un duel, et trop puissant dans cette ville pour rien craindre de vous.
OCTAVE
Célio m'aurait vengé, si j'étais mort pour lui comme il est mort pour moi. Son tombeau m'appartient; c'est moi qu'ils ont étendu dans cette sombre allée; c'est pour moi qu'ils avaient aiguisé leurs épées; c'est moi qu'ils ont tué !. . . Adieu la gaieté de ma jeunesse, l'insouciante folie, la vie libre et joyeuse au pied du Vésuve ! Adieu les bruyants repas, les causeries du soir, les sérénades sous les balcons dorés ! Adieu Naples et ses femmes, les mascarades à la lueur des torches, les longs soupers à l'ombre des forêts ! Adieu l'amour et l'amitié ! — Ma place est vide sur la terre.
MARIANNE
En êtes- vous bien sûr. Octave? Pourquoi ditesvous: adieu l'amour?
Je ne vous aime pas, Marianne; c'était Célio qui vous aimait.
BARBERINE
BARBERINE
In a volume entitled "Le Théâtre au Moyen Age" J. Mortensen comments on a play, "Bérengier." The plot is similar to that of "Barberine," as a few sentences show: "en même temps que lui (Oste) arrive à l'armée un chevalier étranger nommé Bérengier, qui se vante qu'aucune femme ne peut lui résister si seulement il lui parle trois fois. Oste gage sa couronne que sa femme lui sera fidèle quoi qu'il arrive. L'événement montre bien que cette confiance était justifiée." Of course "Cymbeline" comes to mind also. The plot of "Barberine" is a not unfamiliar story, but in this play the dénoûment has a whimsical turn thoroughly characteristic of Musset. Instead of closing in an outburst of heroics, the situation clears in a burst of laughter. That "fond de raison" which Musset possessed in spite of his apparently inconsequential view of everything guided him past the danger of treating seriously a situation which was pure comedy.
BARBERINE
Personnages
BÉATRix d'Aragon, reine de Hongrie Le Comte Ulric, gentilhomme bohémien AsTOLPHE DE RosEMBERG, jeune baron hongrois Le Chevalier Uladislas, chevalier de fortune PoLACCO, marchand ambulant Barberine, femme d'Ulric Kalekairi, jeune suivante turque Courtisans, etc.
La scène est en Hongrie