‹ Quatre comédies. Edited with an introd. and notes by Raymond WeeksChapitre 47 sur 75 · Scène III Le Marquis, Victoire LE marquis Holà! ho! quelqu'un · texte numérisé non relu

Scène III Le Marquis, Victoire LE marquis Holà! ho! quelqu'un

victoire Qu'est-ce que veut monsieur le marquis?

LE MARQUIS

Donnez-moi ma robe de chambre.

VICTOIRE

Vous badinez, monsieur le marquis.

LE MARQUIS

Hé! ah!. . . oui, oui.

VICTOIRE

On a dit à madame la comtesse que vous étiez ici, et elle va venir.

LE MARQUIS

Pourquoi cela? Je m'en vais faire mettre mes chevaux, et j'irai chez elle.

VICTOIRE

Mais, monsieur, vous y êtes chez elle.

LE MARQUIS

Vous avez raison. . . c'est que je pensais. ..

VICTOIRE

Monsieur, voilà madame.

Scène IV La Comtesse, Le Marquis, Victoire LA COMTESSE, CH entrant François, dites à Victoire de venir.

VICTOIRE

Me voilà, madame.

LA COMTESSE

C'est bon. — Monsieur de Valberg, je suis enchantée de vous voir. . . Vous avez été hier de la distraction la plus divertissante du monde. . . Je vous aime à la folie comme cela.

LE MARQUIS

Ce n'est pas là le moven de m'en corriger, madame, au contraire, cependant, comme on dit souvent, les contraires se rapprochent quelquefois.

LA COMTESSE

Mademoiselle, je veux absolument avoir ma robe.

VICTOIRE

Oui, madame.

LA COMTESSE

Donnez-moi un autre collet. {Elle s^assicd à sa toilette.) Celui-ci va à faire horreur. {Au marquis.) Asseyez-vous donc.

VICTOIRE

Mais, madame n'a qu'à le rendre si elle n'en veut pas; cependant il est bien fait. C'est qu'il y a là un pli... Attendez. {Elle V arrange.)

LA COMTESSE

Oui, un pli, voyons. {Elle se mire.) Eh ! bien, voilà ce que je veux dire. Il va à merveille comme cela. Ayez soin que mademoiselle Dufour m'en fasse un autre tout pareil, mais je dis tout de même, entendezvous.

VICTOIRE

Oui, madame. Et quand madame le veut-elle?

LA COMTESSE

Quand? mais demain matin. Il n'y a qu'à envoyer François tout à l'heure, j'en suis très pressée.

VICTOIRE

Il n'y aura peut-être pas assez de temps.

LA COMTESSE

Oh ! sans doute, vous trouvez toujours ce que je désire impossible, et puis vous viendrez dire que vous m'êtes bien attachée.

VICTOIRE

C'est que rien n'est plus vrai. — Madame me gronde.

LA COMTESSE

C'est bon, c'est bon, donnez-moi du rouge. Eh ! bien, monsieur de Valberg, vous ne dites rien?

LE MARQUIS

Mais vous ne m'écoutez pas, madame.

LA COMTESSE, mettant son ruban Pardonnez-moi, pardonnez-moi. Ne parliez-vous pas des contraires?

LE MARQUIS

Des contraires? N'est-ce pas des contrats, plutôt?

Cela peut bien être. Victoire !

VICTOIRE

Madame?

LA COMTESSE

Je ne sais plus ce que je voulais dire, avec vos contrats.

LE MARQUIS

Ah ! je vous le dirai, moi, quand vous voudrez m'entendre.

LA COMTESSE

Je VOUS entends toujours avec plaisir.

LE MARQUIS

Aurez- vous du monde aujourd'hui?

LA COMTESSE

Non, si vous voulez. C'est même ce que je voulais dire, car tous les ennuyeux de la ville prennent ce parc

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pour leur promenade. Victoire! Qu'on ne laisse entrer personne.

VICTOIRE

Je m'en vais le dire, madame.

LE MARQUIS

Je vous suis obligé, parce que j'ai à vous parler très sérieusement.

LA COMTESSE, à Victoire Ma belle-sœur, pourtant.

VICTOIRE

Oui, madame.

LA COMTESSE

Elle raffole de vous,^^ monsieur de Valberg.

LE MARQUIS

Moi^e^Ja^ trouve^ charmante]^ Il j/" a des femmes comme cela, qui vous séduisent dès le premier moment qu'on les voit.

LA COMTESSE

Victoire, dites qu'on laisse entrer aussi M. de Clervaut.

VICTOIRE

Est-ce là tout?

LE MARQUIS

AhJ^madame, M. de Latour aussi, je vous prie.

LA COMTESSE

M. de Latour? Eh! bien oui, M. de Latour; je le veux bien.

VICTOIRE

Je m'en vais le dire.

Attendez. — La liste d'hier,

VICTOIRE

Mais, madame a laissé entrer tout le monde.

LA COMTESSE

Vous croyez?

VICTOIRE

J'en suis sûre.

LA COMTESSE

Eh bien, en ce cas-là, tout le monde.

VICTOIRE

Madame aura-t-elle besoin de moi?

LA COMTESSE

Non, non. — Cependant ne vous éloignez pas... Qu'on m'avertisse quand mes étoffes viendront.

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