HISTOIRE DE LA NATION MEXICAINE
HS. EM LAMGUE IVAHUATL.
DE l'an 1576
PROLOGMJE
Le manuscrit dont je présente ici les premières pages, provient de la Collection de Boturini ; il porte, dans son catalogue, le n° 14, § viii, où il suit immédiatement celui que j'ai intitulé le Codex Chimalpopoca. Mais il appartient aujourd'hui à la précieuse collection de M. Aubin, qui le fit autographier, sans le publier en France, la plupart des exemplaires se trouvant en la possession de M. E. Geo. Squier à New- York, et de don Fernando Ramirez, de Mexico. Je tiens de M. Aubin celui que je possède. Ce manuscrit n'a jamais été traduit, que je sache, et si j'en ai choisi les premières pages comme pièce justificative de mes Quatre Lettres sur le Mexique, c'est que ces pages renferment, comme en un sommaire, à peu près toute l'histoire du cataclysme, et qu'elles sont comme l'abrégé du grand document que j'annonce ici au public. La duplicité du sens y est complète, ce dont le lecteur pourra s'assurer entièrement par lui-même. La première traduction que j'insère ici, à côté du texte, est celle que j'appellelerdiipseudo -historique, puisqu'elle n'est pas en réalité, comme on l'a pu croire jusqu'ici, l'histoire mexicaine,
mais seulement qu'elle a été censée Vêtre. La difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité de rendre cette traduction d'une manière tout à fait grammaticale, estvisible; chacun pourra l'apprécier et voir en même temps les contradictions qu'elle renferme, preuve manifeste que ce n'était pas là l'histoire véritable, destinée aux hommes instruits, initiés aux mystères des temps antiques. L'histoire véritable, c'est l'histoire géologique, celle de la seconde traduction, car là seulement l'ensemble s'enchaîne convenablement : tous les mots portent, et ce qui, surtout, est remarquable, c'est que le vocable in, qui, si souvent, n'est qu'une particule d'élégance, dans le style ordinaire, là est toujours à sa place comme article ou pronom. La première contradiction et la plus flagrante, dans ce document, c'est celle qui a rapport au nombre des tribus, d'abord quatre et puis, trois lignes plus bas, au nombre de huit ; c'est celle que je tiens surtout à signaler pour faire comprendre l'incohérence de ce document, pris dans le sens pseudo-historique. Ce que j'ai encore à signaler ici, c'est le mot diablo, diable ou démon, inséré par le rédacteur de cette pièce, etque je laisse, n*y voulantabsolument rien changer : mais il est évident que le mot diablo remplaceun motscientifique, une allusion à la puissance volcanique, peut-être à l'électricité, que les sages Mexicains connaissaient, mais qu'ils ne savaient comment définir pour l'ignorance espagnole. Il ne peut y être pour le mot teotl, dieu, puisque ce mot se retrouve ailleurs. NB. Depuisquej'aiécritceslignes,M. GharlesSaintegéologique dn Manuscrit Mexicain et me donner quel- Claire Deville, qui a bien voulu examiner ma traduction ques notes intéressantes, a reconnu, effectivement, luimême dans le mot diablo, la puissance éruptive.