V. ' ■ ■ .ux. - : — . . ,0 -, - *. - :. ^, ^-1 — — — ,'v
; ■ \ ' '!Slaw toilt fut dit poiir lui ; sa demièpe joie, sou ‘pète,\ - , >
■ rayait enveloppée dans son suaiie!/.. ;Soü: amouiy^/
' '8oa-p^üt> tout entier, '.tout eela's’était envolé cte la< ' 'i,'-
terrael était monté avec le mourant dans le ciel. ' • . '
\j Plus rien àû monde n'était désormais* susceptible ■ ^ ,
: , • de l’intéresser, dej’attacher à la vie ; son âmê, dé^
vastée^ inerte, insensible, n’apereevajt plus de féli^V;- : ’\-
. ■ ■ cité poæible iici-bas ; tout ce qu’il aimait, tout ce qui '
Payait '‘aimé,' le délaissait; toiit .était parti, avait- A. *
dis^ru,' l’abandonnànt-dans un désert,. dans .ime .
.* . • • profonde' obscurité. . , . ... . t - • , ' V,
; •• PIus'dé:sourire8,,plus de gaieté désormais, plus
y d’espérance, hélas ! plus rien, rien.. . 'V*.
. PeEUiant longtemps il s’affaissa daûs sa douleur- • ' * . , ; ■' , déchirante ; il était muet, insensible ; on craignit un \
.•v‘ ' - lui. Mais Dieu 'Vint à son se'cours; il
Ini envoya dés larmes..; 1,1 put enfin pleurer, le ‘ . —
^ ' ^panvrp ' enfant ; • il pleura toutes les^ larmes de son
• .-.'“é •; ç(feur, larmes bénies, que Dieu envoie, aux affligés.- ■ ■ ’ '. Quant â madame Dalbert et à Julien^' ils, furent
• • •v-‘!pîds attriaiés tous deux 'dé* ia misère où cette mm’t-'
* ' •' V ' , » . ■ ^ Viÿ
- ' ' f “les jetait que de la perte d’un être chéri/ La mère,- . - '*■ épreuve avait encore durci lô ea'ract^é,
lô»;' -k
' dévepsâ sur ie pauvre René.touté la roéchancété'^e^- «r •
. ■' 1 . son âme; elle lui signifia qu’il eût à réjiQncep à ses ^ v • V études, là seule' chose où il aurait pu" réfugier ses' ' ‘ ' ' ■ ' douleurs. ./• •• •
•. ' y. Son avenir comrne artiste, comme tràtaillèür, fut,' * ...
;. ’r' dès lors brisé.'Il se résigna à ce. cruel' sacrifice. ou.,’ • “ pour mieux dire, il l’accepta sans murmurép,',sans.‘. .
• .'regrets; car, dans l’abattement mortel où il était'
• . descendu , tout ce qui devait ou paraissait devoir le ..
pousser hors' des limites dù désespoir qui tue, le •’
' " pauvre .jeune homme l’agréait comme nné consé-
quence naturelle de son ironique et cruelle destinée’, ‘ î s!'': fini ne devait s’achever,-, pensait-il , qu’sors qu’il . •
■ . aurait subi un à un tous lés cruçifiemènts dû cœur.
‘ ■ ' Pour .Julien, il passait ses journées à s’admirer, à
• ’ \ -s’aduler et à réclamer les dernières ressources dont - .
' ' pût disposer madame Dajbert, pour les absorber'-
; gaiement au dehors ayéç ses amis. f ’ ' '
, ‘ Aü temps* de sa prospérité, il s’étàil lié avec des. '
■ Jeunes gens, -bohèmes des hautes clasSéS, gandins .
, ' .superbes qui étalent leure grâces sur les bôulevards , le 'cigare aux lèviosy jeûhçs gens habitués de la- ^ • ■ .Mâjson-poï^ ,* as»Idus-idn'joçkeyH;lub,'d ù .
' 1^. ' QUATRE MlLLiüNS PGlfR; LJ?, CŒUR-
Seul! mon Dieu!' Non cependant, il ne devait pas : • ■ an être tout â fiait ainsi : il eut tout enlîer le eœui’ de ‘ ■ ’ 1, son père. • . . . - '
• C’élait beaucoup sans doute ; ce n’était pourtant ' .
pas'assez! ' • • ' . . '
. . ' . Chaque jour cette mère établissait des compa-
■ . jraisons entre la grâce et la gentillesse du premier-né
- , . . av.eé la défectuosité à peine apparenté du- petit' ,• ’•
' dnfiraie, comme elle l’appelait: tout les rayonne- •
• ments de son cœur tombaient sur Julien; toutes les. ' '
„ ' -colères allaient atteindre le pauvre René. • V
'• ' ■ ■ . , ' •; Et cependant, malgré ce sceau réprobateur à'
^ • ' l’épaule, il avait quelque chose de si doux, de si . ^
. onctueux, pour ainsi parler, dans sa physionomie
... enfantine, qn’on se sentait tout attendri, tout ému
• ' . en le regardant. Sa lête était superbement belle ; tout' ... .
•• pnfant, il possédait déjà une de ces beautés plas- ' * - -V tiques, que Dieu fait resplendir sur le front de ses^
élus ; ses grapds yeux bleus un peu humides, comme , ''
si les larmes de ce jeune cumr y montaient lente- • ’ t ■ . . riicul une à’uue, recélaient déjà une mélancolie tou-- ' ■ '
. , J chante et si pénétrante qu’elle effaçait toute préven-
- ' tion, contre lui; ses yeux étaient souvent abaisstÆ.
' ' • • Digilized by (joegle
qiUATBna Mj luqns pou^ Ï'n •
yerS le sol et voilés par de longs cils noirs : 09 eût ' 4it qu’il voulait d’habituer de bonne hèui-e i fuir le î grand jour et à. se retirer tout en soi; son sourire était une caresse; son front était large et un peu bombé ; son visage du plus bel ovale et d’une blancheur mate, n’accusait pourtant pas l’absence de la santé ; la force et la vigueur étaient empreintes sur ses joues, et ses veines bleuissaient. sous la transparence • * ' •,de sa peau. ' ‘ .......
Tel était à peu près Rèn'é lorsqu’il était encore en bas âge. Incompamblement plus beau que son frère,- , il possédait en lui ce que ne soupçonnait par sâ
• mère : toutes les qualités du cœur et de l’esprit,
toutes choses qui manquaient à Julien. ’ ‘ , >
Ces deux enfants furent partagés entre le mari et ‘ ; ‘
la femme-: Julien était l’idole -de madame Dalbert^^-
M. Dalbert adorait René. C’était lui, l’homme, le ,
père, qui prodiguait au pauvre enfant tous les soins^* - * • ' - ». . . ♦
• que sa débilité enfantine réclamait. Plus tard il pré—' sida à sa première éducation : tous les instants • ' dérobés à ses occupations journalières, il lôs consa-' . crait à René. Enfermés tous deux dans une chambre ' ’ pour échapper aux railleries de madarne Dalbert, ils ^
‘ îw'v, , jQUATRE
mm
r1)UR'
mm
. ■ ■ ^ ^Se ln^raiënt ensèmKie edMibêriè/à’^de < .
' ■ il' de •douces causeries. Il s^écliappaU dans cW ; ■ instants -là des lèvres’ du père de ces paroles si' ... douces et si tendres qu’elles allaient’ réjouir et ravi- •' j • „ • . 'Ver'le cœur du petit.. Gel amour de son père ètail • ‘ ‘ pôùf René le seul rayon qui écliauffait ét éclairait lé . ^ • ‘commencement si sombre de son existence. Sous là, v . ^ bienfaisante influence de ces tendresses, il traversa • > ■■ ■ ees premières années sans une privation absolue dés ‘ joies de Renfance. Quelquefois sai douce voix se tpi- •'
- Xk.’
' gnait d’une gaieté qui ravissait le père et les éclats de '
. -fibn ^ire enfantin éb charmant allaient retentir'dan^'
^ . ^ ' tôiitèiaTnaisoh. Afais sitôt que M. Dalbert prenait son ‘ '
; oliapeau pour sortir, René retrouvait ses tristesses ' i. '
et 'reprenait, eu s’asseyant siir sâ'petite chaise', son
Hltitiide triste et mélancolique : silencieux etjL’éveur,
' 1 enfant s’absorbait durant l’absence de son unique , •
... . r,/;affiiv‘dans des pensées que Dieu seul et lui connais'-
raient.
- L’âge vînt où les deux enfants furent envoyés • 'dans'le même collège. Julien avait alors douze ans;.
' ■ Jtehé u’en comptait que ^ulit.^ ’ '
llabitué* tFroisiveté et à ïâ' mollesse, infatué déjà'- ■
jC.'
Vj . ■' pùv:ili 'i'(7by Cdqglc '
- . !►' *1 . * wv^“ *“ “JJ
• >vù- •
QÜÀ,T.^E MILLIONS POOB ÜN. CCBLB
• f y J ■ de la beauté de ses traits,'ijüi , selon sa mère , devaient • •
. teuir Ueu.de science', Julieu’ se laissai dépassèr-dans
. . ; ' ses éludes par Iléhé, qui avait déjà, compris toute .
.•*. V . riuiportance d’une sérieuse instruction,, Ses progrès. ‘
^ v ’ furent rapides, bien que là encore, au collège, son v : cœur eût été douloureusement atteint : ses corapa- • f\ .gnons d’étude, tous jaloux dé son mérité, n’ayani •. .
/ rien autre à lui reprocher, rappelaient parfois,. V, ' ,
. ; ■ ;non pas par son nom de René, mais bien par son ‘
■ ^ infirmité ; et cependant, il faut le dire,''malgré cette- . défectuosité, à peine apparente aux regards, René:
• • ' n’avait point éprouvé de. retard haus sa croissance ■'
‘ ' sa taille s’était développée, élevée ; elle avait même. * ‘
une certaine grâce que n’ont pas ordinairemêiit les - • êtres qui apportent en naissant ce 'défaut à l'épaulât,
„ . défaut, hélas! qui dans le monde inspire la raillerie, .
bien plus que la pitié. ' ’ • • ' v:, ’ T
. A part donc celte épaule plus bombée que rauti’é',*/ ' . "'j
, ' René était grand, Inen fait; ses bras n’avaient paSj'. . cette longueur démesurée, disgracieuse dans les in- . . dividus qui sont alïligés de cette difformité ; il aurait ' - ’ ' , serablémélnequecette déviation lui avait é.tédonhée' tout exprès, par la nature pour lui prêter de la' gràc^.
■’wv : oüa’tr'p M-iLLio'K» poüR i>N CŒtrtl
. , '*;;V,A'sèize ans il avait termlaè. $e1>èèudes; îl sd/tit'âû • collège.. Jiiiîen , ■ ^ue sa .mèl’e, avait rappelé aup:^s - < d’efie, Favait^.quitté 'un an environ avant' son jeune/' . ' . .
, v; - frère. ■ïl''en.' était' revenu, ignorant; babillant -sur’ ■■ .
is ■ ■ ■ toutes choses , se' posant en connaisseur, ômérife , ;, >*
ampurbux ;dé luM^m^^ offrant, eii un mot, lé. type '
!..'/^<^n3niùh;alVpurd’hlh^de toutes les ignorance^ pos>^ r '• *
.^••.sihles.recoiivei'tes d’un vérni& séduisant- —Tel’ était : ■ ‘
-a' ; A peu près Julien; /• ;• :
! ' ,/ ^M.^'^)albert•c(msidè^:ait Eené cônime son seul ôû* ’
; vrage. Il en était fier, il comprenait que. c’était à son- ... -
amour si constaiitv à ses conseils éclairés, d sa solli- • '/ • ^ '
• 'citudépaternellequéxepaiivrèenfôntdevàitsà côn-' ••
> ‘ sistîiDce dans- lîpL vie, et (jué privé commç il ravait ; x
été dé FafTectîda èt des soins de sa mère, il avait ‘ // i ^ . - . ■ • ./puisé dans son amour, à ' lui , cette énergie , cette-, • . .
^ ■force morale, le courage dé vaincre par l’instruction '- ■' / . •
' et le' travail, cette espèce de paresse, qui s’nmpare ^
des êtres souffreteux,' paresse fatale qui, en éngour- ? ' , . ■ ‘
. diSsânties facultés de résprit, brisé tous les ressorts/. . / /' ■.
. .. '.'dé iâ'phià heflè. organisation .physique, — Quant à . ‘
• . ■ J.iilifili,,'M. Dalbert n’ÿ songeait guère que pour dér' .
• ^ ‘ '"■j^ol’er Téduc.atiPü'<jùe' sa. mère. avait dirigée, et; . ^
' \ ‘ * ; ' vo' ./ .Gooj^'k’
Ol^ATREVMUtl^N^ "POlîTl TIX CtED*‘
■ •- ^uant aux-sentirp6nts au cœur, il mesurait sou ' \ ■ • ' ■ ' ■•■ '. chémeirt’ pour’ lui sur le, peu de témoignage (liiei' / .
■ Jülieri lui donnait du ^*en. ' ■■ •.• ’■ • ' ■ I ' ’ •
' De leur côté, les deux frères n’avàient point :en* " . '
• ‘ r ' semble des rapports ’ affectueux , tant s’en faut»; . . ^
' . • -•Toutes les tendresses fraternelles qui avaient surgi,. '
. . chez- ‘René, lavaient dû S attiédir une à une. SOUS la'.
, . • froide indifférence de, Julien» Tous deux enfants de' • ' • .
- . • la, même, maison-, tous deux condisciples dans le- ■ .
même collège, unis comme ils l’étaient par les liens . . ’ .
,du sang, que de raisons pour s’aimer!...' René seir^ ■ • . tait tout cela; mais Jiilien n’avait jatnais trouvé dans - ; ■ /. son cœur un ’ sentiment affectueux pour son jeuûè fjçère; souvent même, .il- faut le dire, soit jalousie de' \s. , //, Ma Supériorité, dé René dans les études,' ou bien de '
'là -beauté de ses ti’aits, Julien avait” osé se mêler' •
au pètit groupe -'de riém's du collège qui insultaient ’ ... .René . Dans une nature mauvaise , ce,tté offen se cruelle , n’eût jamais été oubliée ni pardonnée; chez René elle .. . ,
. . s’effaça promptement , et il semblait n’attendre qiie : ‘ •
- quelques paroles âifectueuses de son frère pour- dé- ‘ v •*
yerser aussitôt suc lui les effluves de tendresse qu'il •• ' ’ ■ '
'^gardait secrètement dans les proipndèurs^ésoii âiné; '