‹ Quatre millions pour un cœurChapitre 7 sur 14 · V. ' ■ ■ .ux. - : — . . ,0 -, - *. - :. ^, ^-1 — — — ,'v · texte numérisé non relu

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; ■ \ ' '!Slaw toilt fut dit poiir lui ; sa demièpe joie, sou ‘pète,\ - , >

■ rayait enveloppée dans son suaiie!/.. ;Soü: amouiy^/

' '8oa-p^üt> tout entier, '.tout eela's’était envolé cte la< ' 'i,'-

terrael était monté avec le mourant dans le ciel. ' • . '

\j Plus rien àû monde n'était désormais* susceptible ■ ^ ,

: , • de l’intéresser, dej’attacher à la vie ; son âmê, dé^

vastée^ inerte, insensible, n’apereevajt plus de féli^V;- : ’\-

. ■ ■ cité poæible iici-bas ; tout ce qu’il aimait, tout ce qui '

Payait '‘aimé,' le délaissait; toiit .était parti, avait- A. *

dis^ru,' l’abandonnànt-dans un désert,. dans .ime .

.* . • • profonde' obscurité. . , . ... . t - • , ' V,

; •• PIus'dé:sourire8,,plus de gaieté désormais, plus

y d’espérance, hélas ! plus rien, rien.. . 'V*.

. PeEUiant longtemps il s’affaissa daûs sa douleur- • ' * . , ; ■' , déchirante ; il était muet, insensible ; on craignit un \

.•v‘ ' - lui. Mais Dieu 'Vint à son se'cours; il

Ini envoya dés larmes..; 1,1 put enfin pleurer, le ‘ . —

^ ' ^panvrp ' enfant ; • il pleura toutes les^ larmes de son

• .-.'“é •; ç(feur, larmes bénies, que Dieu envoie, aux affligés.- ■ ■ ’ '. Quant â madame Dalbert et à Julien^' ils, furent

• • •v-‘!pîds attriaiés tous deux 'dé* ia misère où cette mm’t-'

* ' •' V ' , » . ■ ^ Viÿ

- ' ' f “les jetait que de la perte d’un être chéri/ La mère,- . - '*■ épreuve avait encore durci lô ea'ract^é,

lô»;' -k

' dévepsâ sur ie pauvre René.touté la roéchancété'^e^- «r •

. ■' 1 . son âme; elle lui signifia qu’il eût à réjiQncep à ses ^ v • V études, là seule' chose où il aurait pu" réfugier ses' ' ‘ ' ' ■ ' douleurs. ./• •• •

•. ' y. Son avenir comrne artiste, comme tràtaillèür, fut,' * ...

;. ’r' dès lors brisé.'Il se résigna à ce. cruel' sacrifice. ou.,’ • “ pour mieux dire, il l’accepta sans murmurép,',sans.‘. .

• .'regrets; car, dans l’abattement mortel où il était'

• . descendu , tout ce qui devait ou paraissait devoir le ..

pousser hors' des limites dù désespoir qui tue, le •’

' " pauvre .jeune homme l’agréait comme nné consé-

quence naturelle de son ironique et cruelle destinée’, ‘ î s!'': fini ne devait s’achever,-, pensait-il , qu’sors qu’il . •

■ . aurait subi un à un tous lés cruçifiemènts dû cœur.

‘ ■ ' Pour .Julien, il passait ses journées à s’admirer, à

• ’ \ -s’aduler et à réclamer les dernières ressources dont - .

' ' pût disposer madame Dajbert, pour les absorber'-

; gaiement au dehors ayéç ses amis. f ’ ' '

, ‘ Aü temps* de sa prospérité, il s’étàil lié avec des. '

■ Jeunes gens, -bohèmes des hautes clasSéS, gandins .

, ' .superbes qui étalent leure grâces sur les bôulevards , le 'cigare aux lèviosy jeûhçs gens habitués de la- ^ • ■ .Mâjson-poï^ ,* as»Idus-idn'joçkeyH;lub,'d ù .

' 1^. ' QUATRE MlLLiüNS PGlfR; LJ?, CŒUR-

Seul! mon Dieu!' Non cependant, il ne devait pas : • ■ an être tout â fiait ainsi : il eut tout enlîer le eœui’ de ‘ ■ ’ 1, son père. • . . . - '

• C’élait beaucoup sans doute ; ce n’était pourtant ' .

pas'assez! ' • • ' . . '

. . ' . Chaque jour cette mère établissait des compa-

■ . jraisons entre la grâce et la gentillesse du premier-né

- , . . av.eé la défectuosité à peine apparenté du- petit' ,• ’•

' dnfiraie, comme elle l’appelait: tout les rayonne- •

• ments de son cœur tombaient sur Julien; toutes les. ' '

„ ' -colères allaient atteindre le pauvre René. • V

'• ' ■ ■ . , ' •; Et cependant, malgré ce sceau réprobateur à'

^ • ' l’épaule, il avait quelque chose de si doux, de si . ^

. onctueux, pour ainsi parler, dans sa physionomie

... enfantine, qn’on se sentait tout attendri, tout ému

• ' . en le regardant. Sa lête était superbement belle ; tout' ... .

•• pnfant, il possédait déjà une de ces beautés plas- ' * - -V tiques, que Dieu fait resplendir sur le front de ses^

élus ; ses grapds yeux bleus un peu humides, comme , ''

si les larmes de ce jeune cumr y montaient lente- • ’ t ■ . . riicul une à’uue, recélaient déjà une mélancolie tou-- ' ■ '

. , J chante et si pénétrante qu’elle effaçait toute préven-

- ' tion, contre lui; ses yeux étaient souvent abaisstÆ.

' ' • • Digilized by (joegle

qiUATBna Mj luqns pou^ Ï'n •

yerS le sol et voilés par de longs cils noirs : 09 eût ' 4it qu’il voulait d’habituer de bonne hèui-e i fuir le î grand jour et à. se retirer tout en soi; son sourire était une caresse; son front était large et un peu bombé ; son visage du plus bel ovale et d’une blancheur mate, n’accusait pourtant pas l’absence de la santé ; la force et la vigueur étaient empreintes sur ses joues, et ses veines bleuissaient. sous la transparence • * ' •,de sa peau. ' ‘ .......

Tel était à peu près Rèn'é lorsqu’il était encore en bas âge. Incompamblement plus beau que son frère,- , il possédait en lui ce que ne soupçonnait par sâ

• mère : toutes les qualités du cœur et de l’esprit,

toutes choses qui manquaient à Julien. ’ ‘ , >

Ces deux enfants furent partagés entre le mari et ‘ ; ‘

la femme-: Julien était l’idole -de madame Dalbert^^-

M. Dalbert adorait René. C’était lui, l’homme, le ,

père, qui prodiguait au pauvre enfant tous les soins^* - * • ' - ». . . ♦

• que sa débilité enfantine réclamait. Plus tard il pré—' sida à sa première éducation : tous les instants • ' dérobés à ses occupations journalières, il lôs consa-' . crait à René. Enfermés tous deux dans une chambre ' ’ pour échapper aux railleries de madarne Dalbert, ils ^

‘ îw'v, , jQUATRE

mm

r1)UR'

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. ■ ■ ^ ^Se ln^raiënt ensèmKie edMibêriè/à’^de < .

' ■ il' de •douces causeries. Il s^écliappaU dans cW ; ■ instants -là des lèvres’ du père de ces paroles si' ... douces et si tendres qu’elles allaient’ réjouir et ravi- •' j • „ • . 'Ver'le cœur du petit.. Gel amour de son père ètail • ‘ ‘ pôùf René le seul rayon qui écliauffait ét éclairait lé . ^ • ‘commencement si sombre de son existence. Sous là, v . ^ bienfaisante influence de ces tendresses, il traversa • > ■■ ■ ees premières années sans une privation absolue dés ‘ joies de Renfance. Quelquefois sai douce voix se tpi- •'

- Xk.’

' gnait d’une gaieté qui ravissait le père et les éclats de '

. -fibn ^ire enfantin éb charmant allaient retentir'dan^'

^ . ^ ' tôiitèiaTnaisoh. Afais sitôt que M. Dalbert prenait son ‘ '

; oliapeau pour sortir, René retrouvait ses tristesses ' i. '

et 'reprenait, eu s’asseyant siir sâ'petite chaise', son

Hltitiide triste et mélancolique : silencieux etjL’éveur,

' 1 enfant s’absorbait durant l’absence de son unique , •

... . r,/;affiiv‘dans des pensées que Dieu seul et lui connais'-

raient.

- L’âge vînt où les deux enfants furent envoyés • 'dans'le même collège. Julien avait alors douze ans;.

' ■ Jtehé u’en comptait que ^ulit.^ ’ '

llabitué* tFroisiveté et à ïâ' mollesse, infatué déjà'- ■

jC.'

Vj . ■' pùv:ili 'i'(7by Cdqglc '

- . !►' *1 . * wv^“ *“ “JJ

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QÜÀ,T.^E MILLIONS POOB ÜN. CCBLB

• f y J ■ de la beauté de ses traits,'ijüi , selon sa mère , devaient • •

. teuir Ueu.de science', Julieu’ se laissai dépassèr-dans

. . ; ' ses éludes par Iléhé, qui avait déjà, compris toute .

.•*. V . riuiportance d’une sérieuse instruction,, Ses progrès. ‘

^ v ’ furent rapides, bien que là encore, au collège, son v : cœur eût été douloureusement atteint : ses corapa- • f\ .gnons d’étude, tous jaloux dé son mérité, n’ayani •. .

/ rien autre à lui reprocher, rappelaient parfois,. V, ' ,

. ; ■ ;non pas par son nom de René, mais bien par son ‘

■ ^ infirmité ; et cependant, il faut le dire,''malgré cette- . défectuosité, à peine apparente aux regards, René:

• • ' n’avait point éprouvé de. retard haus sa croissance ■'

‘ ' sa taille s’était développée, élevée ; elle avait même. * ‘

une certaine grâce que n’ont pas ordinairemêiit les - • êtres qui apportent en naissant ce 'défaut à l'épaulât,

„ . défaut, hélas! qui dans le monde inspire la raillerie, .

bien plus que la pitié. ' ’ • • ' v:, ’ T

. A part donc celte épaule plus bombée que rauti’é',*/ ' . "'j

, ' René était grand, Inen fait; ses bras n’avaient paSj'. . cette longueur démesurée, disgracieuse dans les in- . . dividus qui sont alïligés de cette difformité ; il aurait ' - ’ ' , serablémélnequecette déviation lui avait é.tédonhée' tout exprès, par la nature pour lui prêter de la' gràc^.

■’wv : oüa’tr'p M-iLLio'K» poüR i>N CŒtrtl

. , '*;;V,A'sèize ans il avait termlaè. $e1>èèudes; îl sd/tit'âû • collège.. Jiiiîen , ■ ^ue sa .mèl’e, avait rappelé aup:^s - < d’efie, Favait^.quitté 'un an environ avant' son jeune/' . ' . .

, v; - frère. ■ïl''en.' était' revenu, ignorant; babillant -sur’ ■■ .

is ■ ■ ■ toutes choses , se' posant en connaisseur, ômérife , ;, >*

ampurbux ;dé luM^m^^ offrant, eii un mot, lé. type '

!..'/^<^n3niùh;alVpurd’hlh^de toutes les ignorance^ pos>^ r '• *

.^••.sihles.recoiivei'tes d’un vérni& séduisant- —Tel’ était : ■ ‘

-a' ; A peu près Julien; /• ;• :

! ' ,/ ^M.^'^)albert•c(msidè^:ait Eené cônime son seul ôû* ’

; vrage. Il en était fier, il comprenait que. c’était à son- ... -

amour si constaiitv à ses conseils éclairés, d sa solli- • '/ • ^ '

• 'citudépaternellequéxepaiivrèenfôntdevàitsà côn-' ••

> ‘ sistîiDce dans- lîpL vie, et (jué privé commç il ravait ; x

été dé FafTectîda èt des soins de sa mère, il avait ‘ // i ^ . - . ■ • ./puisé dans son amour, à ' lui , cette énergie , cette-, • . .

^ ■force morale, le courage dé vaincre par l’instruction '- ■' / . •

' et le' travail, cette espèce de paresse, qui s’nmpare ^

des êtres souffreteux,' paresse fatale qui, en éngour- ? ' , . ■ ‘

. diSsânties facultés de résprit, brisé tous les ressorts/. . / /' ■.

. .. '.'dé iâ'phià heflè. organisation .physique, — Quant à . ‘

• . ■ J.iilifili,,'M. Dalbert n’ÿ songeait guère que pour dér' .

• ^ ‘ '"■j^ol’er Téduc.atiPü'<jùe' sa. mère. avait dirigée, et; . ^

' \ ‘ * ; ' vo' ./ .Gooj^'k’

Ol^ATREVMUtl^N^ "POlîTl TIX CtED*‘

■ •- ^uant aux-sentirp6nts au cœur, il mesurait sou ' \ ■ • ' ■ ' ■•■ '. chémeirt’ pour’ lui sur le, peu de témoignage (liiei' / .

■ Jülieri lui donnait du ^*en. ' ■■ •.• ’■ • ' ■ I ' ’ •

' De leur côté, les deux frères n’avàient point :en* " . '

• ‘ r ' semble des rapports ’ affectueux , tant s’en faut»; . . ^

' . • -•Toutes les tendresses fraternelles qui avaient surgi,. '

. . chez- ‘René, lavaient dû S attiédir une à une. SOUS la'.

, . • froide indifférence de, Julien» Tous deux enfants de' • ' • .

- . • la, même, maison-, tous deux condisciples dans le- ■ .

même collège, unis comme ils l’étaient par les liens . . ’ .

,du sang, que de raisons pour s’aimer!...' René seir^ ■ • . tait tout cela; mais Jiilien n’avait jatnais trouvé dans - ; ■ /. son cœur un ’ sentiment affectueux pour son jeuûè fjçère; souvent même, .il- faut le dire, soit jalousie de' \s. , //, Ma Supériorité, dé René dans les études,' ou bien de '

'là -beauté de ses ti’aits, Julien avait” osé se mêler' •

au pètit groupe -'de riém's du collège qui insultaient ’ ... .René . Dans une nature mauvaise , ce,tté offen se cruelle , n’eût jamais été oubliée ni pardonnée; chez René elle .. . ,

. . s’effaça promptement , et il semblait n’attendre qiie : ‘ •

- quelques paroles âifectueuses de son frère pour- dé- ‘ v •*

yerser aussitôt suc lui les effluves de tendresse qu'il •• ' ’ ■ '

'^gardait secrètement dans les proipndèurs^ésoii âiné; '

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