‹ Quatre mois an Texas notes de voyageChapitre 11 sur 23 · AVANT-PROPOS. XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XV

loin de voir goûter pareil projet. Dans les idées de notre société, l'émigration est une opération analogue à celle qui consiste à mener des chevaux au pâturage. D'ailleurs l'envoi au loin des bouches que nous ne parvenons pas à nourrir, est-il le seul moyen d'augmenter les ressources des nôtres par celles de pays plus fortunés? Au lieu d'expédier au delà des mers nos travailleurs sans occupation, ne pourrions-nous pas exporter les produits de leur travail, ce qui nous fournirait des valeurs en échange? Il faut, dira-t-on, que ces produits trouvent un placement. Sans doute. Mais quels efforts avons-nous jamais faits pour mettre ce placement à la hauteur de l'importance industrielle du pays?

Il faut être naïf pour imaginer qu'il suffit d'afficher une marchandise à bas prix en Belgique, pour que les Australiens, les Chiliens, les Mexicains, les Chinois accourent l'y chercher. Il faut encore une forte dose de naïveté pour croire que les maisons de commerce anglaises, allemandes ou américaines, établies au loin, vont s'intéresser à cette vente pour nous obliger. C'est par ces maisons que nous faisons aujourd'hui notre commerce d'exportation, et nos fabricants savent la belle moisson que ces intermédiaires fauchent sur leurs terres. Ce qu'il nous faudrait, ce sont de grands bazars belges sur les marchés éloignés. L'entreprise n'a jamais été virtuellement teutée : elle n'est pas aussi simple qu'on pourrait l'imaginer. Il ne s'agit pas seulement d'une question de capital et d'initiative. Il y a des conditions essentielles à remplir.

Au loin, et dans des pays où le succès ne dépend pas aussi directement qu'en Europe d'une réputation d'honnêteté, il ne faut pas compter, en règle générale, sur la probité d'un correspondant pris parmi les négo-

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