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LE PASSAGE DE VÉNUS

Le phénomène astronomique dont l'observation faisait le but de notre voyage en Amérique devait avoir lieu le 6 décembre. Dès la fin de septembre tous nos instruments étaient montés et bientôt après nos travaux préliminaires prenaient leur cours régulier. Afin de reconnaître lobligeance et la sympathie que nous avaient témoignées la population et surtout les autorités civiles et militaires de San-Antonio, M. Houzeau fit annoncer dans les trois principaux journaux que le public serait admis à visiter notre observatoire temporaire à certains jours déterminés. Le soir fixé pour la première visite, nous n'étions pas sans quelque appréhension relativement à Taffluençe de monde qui pouvait se produire et à la façon dont ce monde se comporterait. En vue d'être prêts à toute éventualité, nos revolvers furent soigneusement examinés et garnis de carlouches, puis posés de manière à être promplement en état de nous servir en cas de besoin. Nos craintes et nos précautions furent heureusement vaines et inutiles; il vint peu de personnes ce premier jour. Par la suite, leur nombre s'accrut considérablement, mais alors nous étions déjà faits à ces réceptions nocturnes, et nous savions comment nous y prendre pour ne pas être débordés.

L'ennui causé par la curiosité exagérée des San-Antoniens — ils ne diffèrent pas de la généralité des Américains sous ce rapport — était beaucoup plus sensible dans les heures de jour, et pendant les nuits exclusivement consacrées aux observations. Comme notre jardin n était entouré que d'une simple fence, les promeneurs qui passaient à proximité enjambaient celle-ci avec le plus grand sans-gêne, s'inqui

tant fort peu de notre permission. Nous avions toutes les peines imaginables, les difficultés les plus sérieuses à les empêcher ensuite de loucher aux instruments, sans compter le * dérangement qu'ils nous occasionnaient dans nos observations, qui se trouvaient parfois complètement perdues par leur incroyable sans-façon. Nous avons ici un frappant exemple des abus que peut engendrer, dans certaines circonstances spéciales, l'esprit de liberté poussé à l'excès. Il semblait très naturel à tous ces braves Texans de passer par-dessus la clôture de notre observatoire, de venir mettre l'œil à nos lunettes et de nous poursuivre de leurs questions importunes. Nous aurions eu mauvaise grâce à vouloir les ramener à l'observation des convenances, telles que nos mœurs européennes les comprennent. Nous mettions donc beaucoup de patience et de politesse à les engager à se retirer, mais notre bonne volonté était fréquemment soumise à une bien dure épreuve. Que de fois nous est-il arrivé, au beau milieu de la nuit, vers deux ou trois heures du matin — alors que notre atlenticn la plus soutenue était employée à noter le cours des astres pour la détermination des coordonnées géographiques de notre station — de nous voir brutalement interrompus par l'arrivée inopinée, et surtout intempestive, de tout un groupe de personnes, que la vue du ciel étoile avait engagées à venir de San-Antonio jusqu'à notre demeure, dans l'espoir de contempler les volcans de la Lune ou les anneaux de Saturne ! J'avoue que dans ces moments de profond recueillement et d'occupations importantes l'irruption de visiteurs inattendus et indiscrets nous faisait parfois départir de notre mansuétude habituelle.

Certaine nuit une aventure plus drolatique encore, mais moins fâcheuse pour le succès de nos opérations astronomiques, nous survint. Il était deux heures du matin ; tout à coup, nous sommes réveillés en sursaut par le bruit d'une voiture qui s'arrête devant notre maisonnette et par les

appels réitérés d'une voix d'homme qui se fait entendre près de la porte d'entrée. L'un de nous se lève, afin de s'enquérir de la cause de ce vacarme. Celaient un monsieur et deux dames qui venaient voir lar comète ! Et il pleuvait à lorrents!

Ces braves gens s'en retournèrent chez eux fort désappointés.

Outre les observations ordinaires des phénomènes du ciel, nous entreprîmes dès le 15 septembre une série d'observations météorologiques, qui fut régulièrement poursuivie jusqu'au 15 décembre. Nous fîmes aussi un levé topographique de la ville de San-Antonio et de ses environs. C'était la première fois qu'on dressait le plan de la « Reine des Prairies » au moyen de mesures géodésiques, d'après des procédés rigoureusement scientifiques. Nos observations astronomiques nous permirent également de déterminer Theure avec précision : les San-Antoniens apprirent avec élonnement que leurs horloges et leurs montres réputées les mieux construites et les mieux réglées avançaient systématiquement de cinq minutes.

Nous avons déjà parlé du climat du Texas ; celui de San- Antonio est particulièrement salubre et agréable. Aussi, depuis fort longtemps déjà, les personnes du nord atteintes datfections de poitrine viennent-elles y chercher la santé. Le climat de San-Antonio se rapproche assez de celui de Madère quant à la température, mais il lui est supérieur au point de vue de la sécheresse de latmosphère, dont Tinfluence, comme on sait, est si favorable au traitement des maladies des voies respiratoires. Même dans la période hivernale — qui, il est vrai, ne dure guère et n'est pas bien rigoureuse — le degré d'humidilé descend parfois extraordinairement bas, ainsi que je l'ai moi-même constaté. Le 13 décembre, entre autres, l'hygromètre marqua ^7ioo d'humidité seulement à midi, valeur qui n'a jamais été enregistrée à Bruxelles, même lors des étés les plus chauds et les plus secs.

Les observations météorologiques que nous instituâmes à

partir du 15 septembre avaient lieu six fois par jour : à 6 et à 9 heures du matin, à midi, à 3, 6 et 9 heures du soir. Nous notions la température, la hauteur barométrique, Thumidité, la direction de la girouette etdes nuages, la nébulosité, les quantités d'eau tombée et évaporée, enfin les phénomènes accidentels, tels qu'orages, éclairs, halos, etc. Voici certaines indications tirées de ces observations. Elles serviront à caractériser le climat du pays mieux que je n'ai pu le faire jusqu'à présent.

En temps ordinaire, cest-à-dire en l'absence de norther (vent froid du nord), la température atteignait chaque jour 30® C. et mcme au delà. Ces fortes chaleurs persistèrent jusque vers la mi-novembre. Les northers devinrent alors plus fréquents, et le thermomètre tomba souvent au-dessous de 20'', parfois entre et 10; mais dès que ces coups de vent cessaient, la température reprenait sa marche ascendante et elle dépassait de nouveau 25» et même 30'' C. Cest ainsi que le 14 décembre, avant-dernier jour de la série d'observations, j'observai encore 3P à l'ombre, à 3 heures de l'après-midi.

Le changement brusque des conditions atmosphériques au moment oii se déclare un norther est l'un des traits les plus remarquables du climat du Texas. Le ciel est absolument pur, la température élevée, l'air très calme. Tout à coup l'horizon s'assombrit du côté du nord. Un quart d'heure après le vent se lève, faiblement d'abord, puis en augmentant progressivement de force ; d'épais nuages tourmentés envahissent le ciel, le jour s'obscurcit, il semble qu'un cataclysme effroyable se prépare dans la nature. Les betes prennent peur; les bœufs et les chevaux courent affolés dans la prairie; les animaux à l'attache brisent leurs liens et filent droit devant eux, en lançant des ruades en tous sens. Tels sont les signes précurseurs de l'arrivée d'un norther.

C'est le 12 novembre que j'observai un norther pour la première fois. A 10 h. 15 m. du matin on pouvait soupçonner sa

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venue, et à 1 h. 20 m. il avait atleint la station aslranomique : le vent soufflait avec rage et la température éprouvait une chute considérable. De Sô'^S à 10 1/2 heures, elle tombait à lO^'S à midi, et à 5^2 le lendemain, à 6 heures du matin ; Tair devenait en même temps très sec. C'était donc une chutQ thermométrique de 21*'3 en moins de 20 heures. Aussi le 13 ne voyait-on, dans les rues de San-Anlonio, que gens emmitouflés dans de chauds pardessus, alors que la veille au matin on était sorti légèrement vêtu comme en été.

Lorsque le norther se déclare dans la saison froide — en décembre ou en janvier — le thermomètre descend parfois jusqu'au-dessous du point de congélation. C est ce qui arriva le 7 décembre. Rien n'est curieux alors comme l'aspect du quartier de Chihuahua, où habitent les Mexicains. On voit passer ces malheureux grelottant, le corps enfoui sous les couvertures de leur lit et la tête enveloppée d'un grand mouchoir de couleur. Cet accoutrement particulier leur donne un air des plus baroques. Mais c'est dans leurs jacals, sans carreaux aux fenêtres, qu'ils ont surtout à souffrir. Les coups de vent du nord sont pour le Mexicain un fléau souvent meurtrier.

Les northers sont heureusement de courte durée; ils ne régnent généralement que pendant un ou deux jours, rarement plus. Dès que le norther est passé, tout reprend son aspect habituel.

Grâce à l'admirable organisation du Signal Office (Bureau météorologique) de Washington , ces météores sont annoncés à Tavance aux habitants des régions vers lesquelles ils se dirigent; c'est ainsi que l'arrivée à San-Antonio du norther du 12 novembre, dont je viens de parler, fut prédite dès le 11 de grand matin. Comme les northers se montrent d'abord dans l'extrême nord-ouest du Texas, venant des Montagnes Rocheuses, les avertissements aux localités menacées, dans le sud, peuvent toujours se faire de douze à vingt-quatre heures avant lapparition du phénomène dans

ces localités. Les agriculteurs, les fermiers, tous ceux en un mot que Ja chose peut concerner, sont ainsi préparés à tout événement.

A certains jours, les phénomènes atmosphériques se reproduisent à San-Antonio avec une régularité vraiment étonnante. Je citerai l'exemple suivant à lappui de celte remarque : le 23 octobre, les indications thermométriques de 6 et de 9 heures du matin, de midi et de 3 heures du soir, fuirent respectivement:

Le lendemain, 24 octobre, aux mêmes heures, un autre observateur que celui de la veille notait:

Le ciel fut complètement dépourvu de nuages pendant ces deux jours.

Les vents dominants à San-Antonio sont ceux d'entre S. et SE., puis ceux de NE. Les autres directions s'observent rarement. Sauf pendant les northerSy le vent souffle habituellement d'une façon très modérée. A Bruxelles, la plus grande vitesse de l'air se déclare en général vers le milieu du jour, entre 1 et 2 heures; à San-Antonio elle se produit dans la soirée, entre 7 et 10 heures, mais c'est toujours une brise peu forte.

Les orages sont assez rares. Les éclairs sans tonneri*e, ou éclairs de chaleur^ comme on les appelle vulgairement, sont en revanche très fréquents. Us ont dans ce pays un éclat extraordinaire, une intensité de lumière que l'on n'observe jamais en Belgique. Pendant les orages, les éclairs ont un aspect effrayant; ils se succèdent d'une manière ininterrompue, bien que le tonnerre soit faible et éloigné. La grêle fait presque complètement défaut, comme dans toutes les régions chaudes d'ailleurs.

La température mayenne de l'année à San-Antonio, d'après

une assez longue série d observations, est de 20*8 C- (à Bruxelles elle est de 9"). La moyenne du printemps est de 21*1, de Tété de 29^8. de lautomnc de 20^6, de Tliiver de H°6. Le thermomètre a atteint 42** C. à lombre en 1859, et est descendu aussi bas que — 10* en 1860. 11 y a de la gelée une année sur deux, mais pendant deux ou trois jours tout au plus.

Le printemps débute vers le milieu de février ; c'est Tépoque de l'ensemencement des terres culiivées. La saison chaude commence à la fin de mai et continue jusqu'en octobre. Septembre, octobre, novembre et décembre senties mois de la récolte du coton dans le Texas méridional. L'air estdouxet embaumé pendant cette période de l'année, et Ion éprouve, au milieu de la nature, une sensation de bien-être indéfinissable. La température est surtout des plus agréables au moment du coucher du soleil; une brise légère souffle do la prairie; le corps ne ressent ni l'impression de chaleur, ni l'impression de froid; on respire l'air à pleins poumons; on se sent heureux de vivre.

Chaque année, à la même date environ — soit dans les premiers jours de septembre — survient dans les Antilles et jusqu'au nord du Texas un phénomène météorologique dont la périodicité a été mise en lumière pour la première fois par M. Houzeau, dans un mémoire intitulé : Quelques observations astronomiques et météorologiques dans la zone sur tempérée et entre les tropiques. C'est une pluie diluvienne qui dure pendant 24 heures environ, et qui, en certains points, accompagne un cyclone d'une grande violence, très redouté des habitants du pays par où il a l'habitude de passer chaque année. Celte forle pluie est survenue, pendant notre séjour au Texas, à la date du 6 septembre, et elle a causé de grands dégâts dans plusieurs régions de cet État ; de nombreux ponts furent enlevés par le débordement des rivières, des maisons s'effondrèrent, des parties de voies ferrées s'affaissèrent. ASan- Antonio, nous fûmes absolument bloqués pendant une journée entière; les chemins étaient transformés en lacs de boue. Et

quelle boue! gluante, compacte, formant tout autour des chaussures des bourrelets de plusieurs centimètres d'épaisseur, impossibles à enlever sans le secours du coulcau.

Chaque Fois que la pluie devient un peu intense, les roules sont rendues impraticables, et dans la ville certaines places publiques — entre autres la Main Plaza — prennent l'aspect de véritables lacs. Il est très curieux de voir, dans ces temps pluvieux, l'accoutrement des cow-boys et des setilers. Ils portent de longs paletots de toile cirée d'un jaune cru, tombant jusque sur les pieds. Tous ces hommes vêtus de jaune, allant et venant en tous sens, produisent un effet singulier.

Je relèverai encore, parmi les notes de mes observations météorologiques, le fait suivant qui se produisit le 13 décembre : A 3 heures de l'après-midi, de nombreux fils de la Vierge, isolés ou formant de petites pelotes contenant chacune une petite araignée, passèrent dans l'air à différentes hauteurs. Le vent d'ouest qui soufflait à ce moment les chassait vivement. Ce phénomène persista pendant plusieurs heures; il constituait une véritable migration — accidentelle ou volontaire — de milliers d'araignées microscopiques.

Mais revenons aux observations astronomiques, but principal de nos préoccupations. Dès le mois d'octobre, nous suivîmes avec beaucoup d'intérêt les diverses phases du passage de la grande comète qui avait été découverte dans l'hémisphère sud en septembre; elle s'élevait, dans le calme de la prairie vierge et sur son horizon sans bornes, en produisant une réelle impression chez ceux qui la contemplaient. Dans tout le Texas et dans certains autres États du Sud, cette comète préoccupa vivement les esprits. Les nègres de la Caroline du Sud considérèrent son apparition comme l'indice de la fin prochaine de notre pauvre monde. Aussi leurs sentiments religieux se ré« veillèrent-ils avec une ardeur nouvelle en cette grave occurrence, ardeur telle qu'on ne leur en avait jamais vue appara-

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vant. Â Waco, pelile ville au nord-est de San-Ântonio, les autorités conviaient chaque jour les habitants, par une sonnerie générale des cloches de la localité à 4 heures du matin, à se lever de bonne heure pour aller admirer la comète. Ce dernier Tait est absolument authentique.

Nous observâmes très fréquemment la lumière zodiacale et même une fois le Gegenschein^ cette lueur opposée dans le ciel à la lumière zodiacale, et que Ion aperçoit rarement.

Nos collègues les astronomes américains arrivèrent le 1*' novembre. Ils installèrent leur station à cinq cenls mètres environ ù lest de la nôtre, au milieu de la prairie vierge également. Mais moins heureux que nous, comme je lai dit déjà, ils durent se loger sous la tente.

Le dimanche qui précéda le grand événement astronomique qui allait avoir lieu, des prières publiques furent dites dans tous les temples protestants de San-Antonio. Ceci se passait le 3 décembre. Jusqu'au 6 dans la nuit — jour du passage de Vénus — les conditions atmosphériques restèrent des plus favorables; depuis une semaine, du reste, le ciel était pur, le baromètre stable, le vent modéré. Dans la journée du 5, quelques nuages fins et déliés, du genre cirrhus (à aiguilles de glace), nous donnèrent bien certaines craintes, mais à la tombée de la nuit il n*y en avait plus trace. La nuit du 5 au 6, jusqu'à cinq heures du matin environ, fut très belle; mais à partir de ce moment des nuages rapides se montrèrent et en peu d'inslanis ils eurent couvert le ciel complètement.

Tous nos instruments étaient prêts depuis la veille, pointés dans la direction où Vénus devait apparaître sur le soleil.

Vers sept heures et demie, instant du premier contact de la planète avec le limbe solaire, le ciel était encore absolument couvert. 11 resta ainsi jusqu'à neuf heures environ, nous jetant dans de grandes perplexités ; allions-nous perdre le fruit de tous nos efforts, de nos fatigues, de nos veilles? Peu de temps après, cependant, nos espérances se réveillèrent : les nuages

semblaient devenir moins compacts, et des éclaircies voilées se remarquaient çà et là.

Tout à coup, nous apercevons le disque du soleil à travers un nuage léger; mais un autre nuage le recouvre aussitôt. Nous passons ainsi par des alternatives de déception et d'espoir pendant environ 30 minutes. Vers 9 1/2 heures, enfin, une éclaircie plus grande que les précédentes permet de pointer Vénus entre les nuages, douze minutes avant l'instant de la plus courte distance des centres de la planète et du soleil.

A partir de ce moment nous pûmes prendre des mesures micrométriques, à quelques interruptions près, jusqu'à la fin du passage. Les mesures analogues faites au Cliili par la seconde mission belge, jointes aux nôtres, devaient permettre de calculer la parallaxe du soleil, ou en d'autres termes de déterminer la distance de la Terre au Soleil, par une méthode et d'après les observations exclusives d'astronomes de notre pays (1).

A 1 h. 14 m. et à 1 h. 34 m., nous observâmes les deux derniers contacts, par un ciel presque entièrement dégagé de nuages. Et tout était fini!

Quelques minutes après, nous recevions la visite de nombreux reporters, de plusieurs officiers du quartier général et de nos collègues américains. Ceux-ci étaient parvenus à prendre 204 photographies du phénomène et paraissaient fort satisfaits du résultat de la journée. Nous éprouvions de notre côté non moins de satisfaction, à la pensée que le but final de notre mission élait rempli, et que ce n'était pas en pure perte que, pendant de longs mois, nous nous étions livrés à des travaux préliminaires destinés à en assurer le succès.

(1) La description de cette méthode et les résultats de ces observations ont été publiés dans lés Annales de l'Observatoire royal de Bruxelles, en deux fascicules in-4o, portant comme titre : Passage de Vénus du 6 décembre 1882.

Nous ne fûmes pas trop dérangés par le public pendant nos opérations. Nous avions eu soin, il est vrai, de requérir lassistance d un policeman monté pour contenir les curieux, et de barricader toutes les portes pouvant donner directement accès dans le jardin de notre habitation. A la station américaine, un pasteur prolestant avait installé une petite lunette dont il était possesseur, et il en permettait l'usage aux personnes qui manifestaient le désir de contempler le phénomène. De cette façon les observateurs étaient laissés parfaitemen. tranquilles.

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