‹ Quatre mois an Texas notes de voyageChapitre 2 sur 23 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

et à rélève du bétail, dans des contrées qui n'avaient encore ni habitants civilisés, ni lois fixes, ni usages établis, les colons des immenses campagnes qui constituent aujourd'hui les Etats-Unis purent faire euxmêmes leurs lois et leurs usages. Ce furent les puritains débarqués sur les rochers de Plymouth, au Massachusetts, le 22 décembre 1620, qui donnèrent l'exemple de la première constitution écrite dont l'histoire politique conserve le souvenir. Le but de la société civile, dit ce document, bien remarquable pour l'époque où il fut rédigé, est « d'édicter tels lois, ordonnances, décrets et constitutions, qui seront considérés comme conduisant le plus efficacement au bien général de la colonie. »

Mais ce ne fut pas tant la législation qui caractérisa la société nouvelle que la simplification des mœurs et des usages. L'action des causes naturelles est aussi impérieuse sur l'homme que sur les autres êtres qui l'entourent. Quand ces courageux pionniers se furent établis en pleine liberté dans les grandes solitudes de l'Ouest, ils se trouvèrent soumis aux conditions dans lesquelles les premières sociétés humaines se sont fondées. Ils ont recommencé le travail d'édification sociale, et seraient repartis de l'état sauvage des Indiens, leurs voisins et pour ainsi dire leurs compagnons, s'ils n'avaient apporté avec eux ce qui manquait aux Indiens, le fruit accumulé des découvertes et des inventions de toutes les générations précédentes. Ils étaient venus sur la terre du sauvage, mais avec le bagage intellectuel de la civilisation.

Tout civilisés qu'ils étaient, ils ont dû subir, et ils ont subi en effet l'influence de ce milieu bienfaisant, la nature vierge et l'espace libre. En même temps qu'ils maintenaient le lien social, ils ont pu s'affran-

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