AVANT-PROPOS. IX
tôt plus une branche sui generis de la famille anglosaxonne, mais un vaste assemblage cosmopolite.
La question de Témigration est devenue, en effet, dans ces derniers temps, un point capital pour un grand nombre de peuples. La Belgique, qui n'avait jusqu'ici presque rien fourni aux populations du Nouveau Continent, est arrivée aujourd'hui à se préoccuper de la manière la plus sérieuse du manque de ressources de ses habitants. C'est avec raison que lîauteur des souvenirs de voyage que l'on va lire a porté sur ce sujet son attention. Mais à nos yeux, c'est avec une bien grande prudence qu'il s'agit de distribuer des encouragements à ceux de nos compatriotes qui seraient disposés à émigrer.
L'expérience, dont M, Lancaster a rapporté au moins^ uii exemple saillant/ prouve combien il existe de difficultés dans cette voie. C'est un fait acquis que toutes ou à peu près toutes les sociétés de colonisation qui ont expédié des émigrants d'Europe sur des terres ou dans des ateliers qu'elles leur avaient destinés, n'ont produit autre chose que le désappointement, la colère et la ruine de ceux qu'elles avaient cru servir.
Tout Européen à qui l'on propose certaines conditions d'existence en Amérique, se fait illusion sur le sort qui l'attend au delà des mers, même dans l'hypothèse où les agents de la compagnie qui l'engage ne lui ont rien exagéré. La plupart de ceux qui écoutent ces propositions ne sont d'ailleurs jamais sortis de leur commune ou de ses environs. Ils n'ont aucune idée de ce que le simple changement de lieu et de climat entraîne de différences, à position sociale égale, dans le logement, le vêtement, la nourriture, la boisson, le langage. Ces différences seules suffiraient pour les déconcerter, les rebuter, les affliger à l'extrême. En