‹ Quatre mois an Texas notes de voyageChapitre 7 sur 23 · AVANT-PROPOS. XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XI

se plaindre et à réclamer, au lieu de chercher des conditions qui lui conviennent mieux; Il tombe dans la misère, sa famille souffre, et bien des fois il meurt à la peine.

Tel a été presque invariablement le résultat des sociétés pour favoriser la colonisation, même de celles qui étaient le mieux intentionnées. Presque toutes ont dû sombrer ou se dissoudre par suite de l'attitude de ceux qu'elles avaient cru obliger. L'épreuve est trop avérée, elle a été trop patente, trop souvent répétée, pour la recommencer encore. Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait pas d'autre moyen de favoriser l'émigration. Mais il est évident que celle-ci doit être avant tout spontanée, et se faire aux risques et périls de l'émigrant.

L'homme qui n'est point sollicité à partir, mais qui s'y décide d'après sa propre initiative, sait qu'il doit uniquement compter sur lui-même. Il n'a d'exigences à manifester à personne, et quoi qu'il arrive nul reproche à formuler. Le fait suivant, dont nous avons été témoin dans la Louisiane, met en relief la différence des deux situations. Un émigrant allemand avait été amené par un chef d'industrie qui, quelques jours après son arrivée, le mit au travail dans un des ateliers. Il se trouva que dans le même chantier il y avait un noir. Aussitôt l'émigrant murmure et réclame ; outre les reproches ordinaires touchant la nourriture, le couchage, le logement, reproches uniquement basés sur la différence entre les conditions matérielles de l'Allemagne et des États-Unis, l'émigrant jetait les hauts cris parce qu'on le faisait travailler à côté d'un nègre. Soit, dit le chef d'industrie ! Reprenez votre liberté.

L'émigrant ayant à chercher lui-même du travail, ne se montra plus si difficile. Huit jours plus tard

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