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bêtes, Topération n'est pas toujours aisée. Le plus fréquemment, au contraire, elle est hérissée de difficultés. J'ai pu en juger un jour de visu, en assistant à une course au lazzo palpitante d'intérêt. Il s'agissait d'attraper un veau que l'on voulait enlever à sa mère. Le cow-boy chargé d'opérer cette capture paraissait d'une habileté consommée dans ce métior, et il maniait sa monture avec une dextérité et une vigueur étonnantes. La chasse dura plus de vingt minutes. Ce fut, d'une part, une véritable lutte d'adresse, de ruse mêlées de désespoir, de l'autre une rage croissante, où la victoire resta en fin de compte à la victime, qui parvint à se réfugier dans un fourré où l'homme ne sut la suivre. Dans leurs bonds désordonnés, bête et cavalier franchissaient des obstacles fort dangereux sans éprouver la moindre hésitation. J'admirai surtout la façon dont s'y prit l'animal pour dérouter son adversaire. Chaque fois que, malgré toute la vitesse qu'il déployait pour échapper par la course au cow-boy, il se sentait serré de trop près, il s'arrêtait net, faisait un bond de côté, puis s'échappait dans une direction opposée. Pendant ce temps, le cow-boy, lancé à fond de train et dans l'impossibilité d'arrêter son cheval brusquement sans être désarçonné, dépassait le but de
ilix mètres au moins, en lâchant des bordées de jurons fonnidables.
Certains éleveurs possèdent des troupeaux de bétail comptant au delà de 10 000 têtes. Quand la population des troupeaux atteint un chiffre aussi considérable, il arrive qu'on ne les laisse pas toujours errer en pleine liberté. On les parque sur dévastes étendues de prairies entourées d'une fence ou clôture. Ces fences se développent parfois sur une longueur de plusieurs kilomètres en ligne droite. Le malheureux voyageur qui les voit se dresser devant lui est à plaindre. Force lui •est de les contourner ou de sauter par-dessus. Mais en usant de ce dernier moyen il risque fort d'être pris pour un voleur de bestiaux, et gare alors pour sa vie. Le vol -d'un bœuf, et plus encore celui d'un cheval, est au Texas qualifié de crime abominable. Il n'y a pas de pardon pour un pareil forfait. C'est un cas pendable. L'individu surpris en flagrant délit de horse-stealing, à moins qu'il ne puisse se défendre, est immédiatement pendu haut et court à l'arbre le plus proche. Il n'est pas rare de rencontrer des corps se balançant ainsi à quelque branche solide, avec cette simple inscription fixée sur la poitrine : Horse thief. Les gens du pays n'éprouvent aucun sentiment de pitié à la vue de ces
victimes d'une justice sommaire et cruelle. Pour toute oraison funèbre, on lance à leur dépouille ces simples paroles : C'est bien fait.
Afin d'empêcher que les animaux ne détruisent la fence qui les retient sur les mômes pâturages, ou que d'autres bêtes ne viennent les attaquer ou se mêler h eux, on a imaginé de transformer cette fence en une véritable ronce artificielle, formée de fils d'acier tordus ensemble et portant de distance en distance des piquants à deux pointes très aiguës. Elle présente un obstacle infranchissable aux animaux, tout en n'étant nullement dangereuse. Il est curieux d'observer le bétail conduit pour la première fois dans un champ entouré de ces fence wires : l'une après l'autre, on voit chaque bête aborder franchement la clôture, puis reculer aussitôt après avoir reçu une bonne piqûre ; au bout de deux heures, il n'y en a pas une qui ose s'en approcher à moins de cinquante centimètres de distance.
Ce genre de clôture a été introduit récemment sur notre continent, et notamment en France*.
Les chevaux animent aussi la prairie vierge de leui^s