‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 103 sur 163 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

du doute, ils ont vu ma loyale conduite. Il n'en est qu'une à qui je dois répondre.

(il se tourne vers Eisa et s'arrête, frappé de surprise, en la voyant le sein haletant, en proie aux violences d'un combat intérieur, les yeux fixes et hagards.)

Eisa! je la vois frémir.

(Lohengrin chante avec Frédéric, Ortrude, le roi, Eisa et tous les hommes.)

Faut-il la voir livrée aux déchirements de sa pensée ! La bouche menteuse de la haine l'a-t-elle égarée? 0 ciel ! protégeh contre le péril ! Que jamais son âme innocente ne connaisse le doute !

FRÉDÉRIC et ORTRUDE chantent avec Lohengrin, le roi, Eisa et tous les hommes.

Je la vois livrée aux déchirements de sa pensée, le doute germe au fond de son cœur; l'étranger qui a abordé sur cette plage pour mon malheur, il est vaincu, il va entendre la question fatale.

LE ROI et TOUS LES HOMMES chantent avec Lohengrin, Frédéric,

Eisa et Ortrude.

Quel secret faut-il que le héros ait à garder? Si ce secret révélé doit le perdre, que sa bouche le garde fidèlement ! Nous le protégerons, le noble étranger, contre le péril ; sa conduite nous a déclaré sa noblesse.

ELSA chante avec Lohengrin, Frédéric, le roi, Ortrude et tous les hommes.

Si le secret qu'il cache, proclamé ici par sa bouche à la face

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de tous, (levait le mettre en péril, malheur à moi, femme ingrate, sauvée par lui, malheur, si ma trahison le forçait à révéler ce secret! Si je connaissais son destin, je voudrais en respecter fidèlement le mystère ; pourtant je sens frémir dans le doute le fond de mon cœur.

LE ROI

Mon héros ! réponds hardiment à l'imposteur ! Tu es trop grand pour craindre ses accusations,

LES HOMMES, se pressant autour de Lohengrin.

Nous sommes tes garants ! jamais nous n'aurons à nous repentir d'avoir reconnu en toi la valeur des héros. Tends-nous la main, nous croyons en toi sincèrement, nous tenons ton nom, sans le connaître, pour un nom auguste.

LOHENGRIN

Non, héros, vous ne regretterez jamais cette con fiance, dussent mon nom, ma race vous rester à jamais inconnus !

(Lohengrin, entouré de guerriers qui lui tendent la main, la leur serre tour à tour; pendant qu'il est au fond de la scène, Frédéric se penche, sans qu'on l'observe, vers Eisa qui, jusqu'à ce moment, pleine d'angoisse, de trouble et de confusion, n'a pas encore eu le courage de lever les yeux sur Lohengrin, et, toujours en lutte avec ellemême, reste isolée sur le devant de la scène.)

FRÉDÉRIC, avec mystère.

Crois-moi ! laisse-toi enseigner un moyen qui lèvera tes soupçons.

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