ACTE II
ELSA, effrayée, mais tout bas.
Loin de moi !
FRÉDÉRIC
Laisse-moi lui enlever la plus petite partie de son corps, la pointe d'un doigt, et je te jure que le secret qu'il te cache, tu le verras à découvert; alors lié à toi, il ne te quittera plus.
ELSA
Jamais ! jamais !
FRÉDÉRIC
Je serai près de toi cette nuit, appelle-moi, et tout sera fait sans péril en un instant.
LOHENGR1N, marchant rapidement vers le devant de la scène.
Eisa, à quelle voix prêtes-tu l'oreille ?
(Eisa se détourne de Frédéric avec un regard plein de douloureux doutes, et tombe accablée aux pieds de Lohengrin.)
LOHENGRIN d'une voix terrible, à Frédéric et à Ostrude.
Loin d'elle, maudits ! Que jamais mes yeux ne vous revoient près d'elle !
FRÉDÉRIC, fait un geste de rage et de douleur.
LOHENGRIN
Eisa, lève-toi ! Dans tes mains, dans ta foi inébranlable re-
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pose le gage de notre bonheur. La violence du doute troublet— il ton repos ? Veux-tu me faire la question fatale ?
ELSA, en proie à la plus vive agitation intérieure, et avec confusion.
Mon sauveur, l'auteur de mon salut, mon héros, à qui je me dois tout entière, supérieur à toutes les atteintes du doute restera mon amour !
(Elle tombe entre ses bras. Les orgues retentissent dans le munster; les cloches sonnent.)
Salut à toi, Eisa! Allons maintenant au pied de Dieu !
(Les guerriers et les femmes avec émotion et enthousiasme.)
Voyez ! voyez ! c'est un envoyé de Dieu ! Salut à toi ! salut à Eisa de Brabant !
(Au milieu d'un cortège solennel, le roi, ayant Lohengrin à sa gauche, Eisa à sa droite, monte les degrés du munster ; du haut du parvis le regard d'Eisa tombe sur Ortrude qui lève la main vers elle d'un air menaçant; Eisa se détourne avec effroi, et se serre plein d'angoisse contre Lohengrin ; lorsque celui-ci l'a conduite jusqu'au munster, le rideau tombe.)
FIN DU DEUXIÈME ACTE