‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 118 sur 163 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

LE ROI, TOUS LES GUERRIERS, chantant avec Eisa et Lohengrin.

0 douleur ! ô douleur ! faut-il te séparer de nous , auguste et saint envoyé de Dieu! Si la faveur céleste doit nous délaisser, où trouver rien désormais qui nous console de ta perte?

ELSA, laissant éclater son désespoir avec violence, chantant avec le roi, les guerriers et Lohengrin,

Mon époux ! non ! je ne te laisse pas me quitter ! Reste ici pour être témoin de mon expiation ! Tu ne peux te refuser à mon repentir amer ; pour recevoir de toi mon châtiment, tu me vois à tes pieds*

LOHENGRIN

Il le faut ! il le faut ! ma douce épouse, il le faut ! Déjà le Graal s'irrite que je reste loin de lui !

ELSA

Ne me repousse pas, si grand que soit mon crime !

LOHENGRIN

Tais-toi ! c'est sur moi-même que je veux le punir !

ELSA

Toi, dont j'ai reconnu la nature divine, sois aussi, comme Dieu, miséricordieux! L'infortunée expie sa faute dans les larmes. Oh ! ne la prive pas de ta douce présence !

LOHENGRIN

Il n'est qu'une -seule expiation de ta faute, hélas ! expiation dont la rigueur m'atteint du même coup dont elle te navre toi-

242 LOHENGRIN

même! Nous devons subir la séparation, l'absence, c'est là le châtiment, c'est là l'expiation nécessaire.

(Eisa tombe à terre en jetant un cri.)

LE ROI ET LES NOBLES, entourant Lohengrin.

Reste! ne nous délaisse pas! Tes vassaux attendent impatiemment leur chef.

LOHENGRIN

Écoute, ô roi! je ne puis t'accompagner ! chevalier du Graal, comme vous l'avez entendu, je ne puis; indocile à sa loi, vous suivre au combat, sans me voir dépouillé de toute vertu virile ! Prête pourtant, ô grand roi ! l'oreille à ma prédiction : Une grande victoire est accordée à ta pureté ! Jamais les siècles futurs ne verront plus les hordes du couchant déborder triomphantes sur l'Allemagne !

(On entend venir du fond et s'étendre le cri :) Le cygne ! le cygne !

(On aperçoit le cygne qui amène la nacelle et s'avance de la même manière qu'à l'arrivée de Lohengrin.)

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