‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 131 sur 163 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

(Les tentures s'écartent, et Rurwenal paraît tout à coup.) KUPiWENAL.

De la joie à cette heure ! Debout, debout, femmes I apprêtez-vous,

26/i TRISTAN ET ISEULT

alertes, lestes et vives ! — (D'un ton plus posé.) Et à dame Iseult,

je dois dire de la part du héros Tristan, mon seigneur : — Du

haut du mât, le pavillon d'allégresse flotte gaiement du coté de

la terre; il annonce dans le château royal de Marke l'approche

de dame Iseult; qu'elle veuille donc bien se hâter, et s'apprêter à descendre à terre, afin qu'il l'accompagne au château.

ISEULT, après avoir frissonné aux premières paroles de Kurwenal, s'est remise et parle avec dignité.

Porte mon salut au seigneur Tristan, et transmets-lui ce que je vais dire : — Si je devais le suivre au palais du roi l\fcirke, je ne le pourrais faire avec dignité sans qu'il m'eût apporté d'abord satisfaction de la dette qui pèse encore sur lui : qu'il vienne donc solliciter sa grâce.

(Kurwenal fait un geste de défi; Iseult continue avec plus de force.)

Écoute bien, et rapporte mes paroles avec diligence. Je ne m'apprêterais pas à l'accompagner à terre, et je ne le suivrais pas devant le roi Marke, s'il ne venait d'abord demander oubli et pardon, comme il le doit, pour la faute qui pèse sur lui : celleci lui offrirait ma grâce.

KURWENAL.

N'en doutez pas, je vais lui porter vos paroles; attendez à présent l'issue de mon message.

(il se retire rapidement.)

ISEULT s'approche vivement de Brangœne et l'embrasse avec ardeur.

Maintenant, Brangœne, adieu! salue pour moi le monde, salue mon père et ma mère !

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