‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 137 sur 163 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ISEULT, d'une voix tremblante.

Tristan !

TRISTAN, avec effusion.

ISEULT, tombant dans ses bras.

Cruel ami !

TRISTAN, l'embrassant avec fureur.

Femme céleste !

(ils restent silencieusement enlacés. On entend dans l'éloignement des trompettes *et des clairons, et, hors de la tente, sur le navire, des cris d'hommes :)

Salut, salut au roi Marke ! roi Marke, salut !

ERANGŒNE, qui, détournant son visage, se tenait appuyée, pleine de terreur et de trouble, sur le bord du navire, porte ses regards sur Tristan et Iseult, perdus dans un embrassement passionné ; puis elle se précipite, se tordant les mains de désespoir, sur le devant de la scène.)

C'en est fait ! c'en est fait ! des souffrances éternelles, inéluctables, au lieu d'une mort rapide ! Fidélité insensée, dont l'oeuvre trompeuse et fatale va s'épanouir maintenant.

(Tristan et Iseult tressaillent, et se dégagent, tout éperdus, de leur

embrassement.)

TRISTAN

Quel rêve d'honneur faisais-je donc pour Tristan?

Quel rêve de honte faisais-jc donc pour Iseult?

TRISTAN

N'étais-tu pas perdue pour moi ?

Ne m'avais-tu pas repoussée ?

TRISTAN

Effets perfides d'un charme menteur !

Vaines menaces d'une colère insensée !

TRISTAN

Iseult !

Tristan ! mon héros bien-aimé !

TRISTAN

Ma maîtresse adorée !

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