SCÈNE PREMIÈRE
LES MATELOTS DU NORWÉGIEN, buvant.
Pilote, repose-toi. Pilote, viens avec nous ! Hohé ! hého ! Hissez les voiles! Fixez l'ancre ! Pilote, ici ! Nous ne craignons ni vent ni rivage dangereux, nous voulons aujourd'hui être tout à la joie ! Chacun à sa belle a terre, d'excellent tabac et de bonne eau-de-vie. Hossassahè ! Nargue à recueil, à la tempête — Jollohohé ! Nous nous en moquons ! Hassassahè ! Pliez les voiles ! Arrêtez l'ancre! Nous narguons ccueil et tempête! Pilote, ici ! Viens boire avec nous.
(Ils dansent sur le pont. Les jeunes filles viennent, portant des corbeilles pleines d'aliments et de liqueurs.)
LES JEUNES FILLES
Amies! regardez donc ! Ils dansent en vérité ! par ma foi, ils n'ont pas besoin de jeunes filles.
(Elles vont sur le vaisseau hollandais.) LES MATELOTS.
Hé! les belles 1 arrêtez! où allez-vous là?
LES JEUNES FILLES
Ne pensez-vous qu'au vin frais#? Votre voisin, là-bas, doit avoir aussi quelque chose; liqueurs et régal sont-ils pour vous seuls?
LE PILOTE
C'est vrai ! Portez quelque chose aux pauvres diables I Ils paraissent languissants de soif.
LES MATELOTS
On ne les entend pas.
LE PILOTE
Eh ! voyez donc un peu ! pas une lumière ! pas trace <T équipage !
LES JEUNES FILLES, se disposant à aller à bord du Hollandais.
Hé! marins! hé! voulez-vous des torches?— Où êtes -vous donc? on n'y voit pas ici!