‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 32 sur 163 · CHANT DES SIRÈNES · texte numérisé non relu

CHANT DES SIRÈNES

Approchez du rivage, approchez de la terre, où dans les bras d'un amour brûlant un feu délicieux apaise vos désirs!

(Les danseurs s'arrêtent en formant le groupe le plus passionne, et prêtent l'oreille au chant. — La danse se ranime ensuite, et arrive au dernier degré d'impétuosité. Au plus fort de cette ivresse et de cette furie de bacchantes se fait sentir une langueur soudaine, qui gagne de toutes parts. Les couples d'amants s'éloignent peu à peu de la danse, et se couchent, comme dans un délicieux épuisement, sur les tertres de la grotte. La troupe des bacchantes disparaît vers le fond, où s'étend une vapeur de plus en plus épaisse. Sur le devant de la scène tombe aussi par degrés une vapeur épaisse qui voile comme dans des nuages les groupes de dormeurs; la partie visible de la scène libre finit par se réduire ainsi à un espace étroit, où Vénus et Tannhaeuscr restent seuls, dans leur attitude première Dans l'éloignement retentit le chant des sirènes.)

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