‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 53 sur 163 · ACTE IT · texte numérisé non relu

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taine est intarissable, comme mon désir inextinguible. Puisse donc le feu de mon désir brûler éternellement, pour qu'éternellement je me rafraîchisse à la source : et sache, Wolfram, que c'est ainsi que je comprends, dans sa vérité, la nature de l'amour.

(Elisabeth fait un mouvement pour applaudir ; mais elle voit tous les auditeurs garder un silence grave, et elle se retient timidement.)

WALTHER DE LA VOGELWEIDE se lève.

La fontaine que Wolfram nous a nommée, mon esprit la contemple aussi aux clartés de sa lumière ; mais toi qui as brûlé pour elle d'une soif ardente, Henri, non, tu ne la connais pas. Écoute mes paroles, prête l'oreille à mes leçons : la fontaine est la vertu, la vertu elle-même. Tu dois l'honorer d'un cœur fervent, sacrifier à sa divine transparence. Mais si tu approches tes lèvres de sa source pour calmer ta soif audacieuse, ne fût-ce que pour en effleurer le bord, elle perd pour jamais sa puissance merveilleuse ! Si tu veux puiser à la source une paix rafraîchissante, c'est ton cœur, et non tes lèvres qu'il faut désaltérer.

LES AUDITEURS, applaudissant avec bruit.

Hourra ! Walther ! Gloire à ton chant !

TANNH^EUSER, se levant avec vivacité.

0 Walther, qui viens de faire entendre ce chant, tu as tristement défiguré l'amour ! Si tu ne sors pas de cette langueur craintive, en vérité, le monde aura bientôt tari. Pour rendre gloire à Dieu dans les sublimes hauteurs du ciel, levez. vos re-

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gards vers le firmament, levez-les vers les étoiles ! Adorez ces merveilles, puisqu'il ne vous est pas donné de les comprendre ! Mais ce qui plie sous votre toucher, ce que votre cœur et vos sens peuvent atteindre, ce qui, produit de la même matière que wus, joint à vous ses formes souples, osez en jouir, pressés par un joyeux aiguillon : je ne connais l'amour que dans la jouissance.

(Profonde agitation parmi les auditeurs.)

BITEROLF, se levant avec impétuosité.

Allons, soutiens donc le combat contre nous tous ! Qui resterait calme à tes discours? Si ta présomption y consent, prêle maintenant, blasphémateur, prête l'oreille à nos paroles ! Quand un noble amour m'inspire, il trempe mes armes de courage ; pour préserver cet^amour de toute injure, je verserais avec orgueil jusqu'à la dernière goutte de mon sang. Pour l'honneur des femmes et leur haute vertu, je combattrai de mon épée de chevalier ; mais ce qu'offre à ta jeunesse la jouissance, est un vil plaisir, et ne vaut pas un coup d'épée.

LES AUDITEURS, avec des applaudissements tumultueux. Honneur à Biterolf ! Tiens, voici notre épée !

TÀNNHiEUSER, s'élançant de son siège avec une exaltation

croissante.

Ah 1 Biterolf , fanfaron en délire , est-ce toi qui chantes l'amour, loup violent? Non, certes, tu n'as rien compris de ce qui me paraît digne d'être aimé. Pauvre chevalier, quelle joie peux-tu avoir goûtée? Ta vie n'a guère connu l'amour, et des joies

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