‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 80 sur 163 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

(Pendant les paroles qui suivent, le cygne et la nacelleatteignent la rive ; Lohengrin est débout, revêtu d'unearmure d'argent, le casque en tête, le bouclier sur l'épaule, une petite trompe d'or au côté, appuyé sur sonépée.)

TOUS LES HOMMES ET LES FEMMES, se tournant avec une violente explosion de surprise vers le devant de la scène.

Un miracle ! un miracle ! Il est arrivé un miracle, un miracle inouï, que les hommes ne virent jamais! Salut, salut à toi, héros envoyé de Dieu !

(Eisa s'est retournée et, à la vue de Lohengrin, elle perce l'air d'un cri d'enthousiasme. Frédéric regarde Lohengrin en silence. Ortrude, qui, pendant tout le jugement, a gardé une attitude froide et hautaine, tombe, à l'aspect de Lohengrin et du cygne, dans un effroi mortel, et pendant le reste de la scène attache des yeux fixes et hagards sur l'inconnu. Lorsque Lohengrin s'apprête à quitter la nacelle, à la bruyante allégresse du peuple succède tout à coup un silence plein de la plus vive attente.)

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