ACTE II
ORTRUDE
Ce n'est pas on vain que je suis profondément exercée dans les arts secrets; écoute donc attentivement ce que je vais te dire ! Tout être qui tient sa force d'un charme, pour peu qu'on lui enlève la plus petite partie de son corps, est condamné à se révéler alors dans toute sa faiblesse.
FRÉDÉRIC
Ah ! si tu disais vrai 1
ORTRUDE
Si dans le combat tu lui avais fait tomber seulement un doigt, moins encore, une partie d'un doigt, le héros était alors en ta puissance !
FRÉDÉRIC, hors de lui.
Découverte horrible ! Quelles paroles as- tu dites ? Je me croyais frappé par le bras de Dieu, le tribunal s'est donc laissé éblouir par un meusonge. un charme perfide m'a dérobé mon honneur ! Je pourrais donc me venger de mon approbre ? Je pourrais donc témoigner de ma sincérité ? Le mensonge du séducteur, je pourrais donc lu rompre et reconquérir mon honneur? 0 femme, assise là, sous mes yeux, dans la nuit, si tu me trompes encore, alors malheur à toi, malheur!
ORTRUDE
La fureur t'égare! sois calme et de sang -froid! Et je vais t'enseigner les douces voluptés de la veangcance.
(Frédéric s'assied auprès d'Ortrude sur les degrés*)
20/| L0HENGR1N
ORTRUDE et FREDERIC.
Que l'œuvre de vengeance soit adjurée du fond de la nuit redoutable de mon cœur. Et vous qui dormez votre doux sommeil, sachez que pour vous le malheur veille.