‹ Quatre poèmes d'opéras traduits en prose françaiseChapitre 92 sur 163 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

FRÉDÉRIC

Pourquoi?

ORTRUDE

Elle m'appartient, que son héros soit à toi !

(Frédéric s'éloigne du côte du tond.)

ORTRUDE, toujours dans La même attitude, d'une voix haute mais

plaintive.

Eisa!

ELSA, après un silence.

Qui m'appelle? Quelle voix sinistre et plaintive prononce mon nom dans la nuit ?

ORTRUDE

Eisa ! ma voix, t'est-elle donc si étrangère? Yeux- tu renier tout à fait l'infortunée que tu précipites dans les misères d'un exil sans limites ?

ELSA

Ortrude ! Est-ce toi? que fais-tu ici, malheureuse femme ?

ORTRUDE

.... Malheureuse femme? oui , tu as raison de m'appeler ainsi ! Dans la solitude profonde de la forêt , où je vivais en paix et en silence, que t'ai-je fait? que t'ai-je fait? Sans joie, ne faisant que pleurer le malheur qui accable depuis si longtemps ma race, que t'ai-je fait? que t'ai-je fait?

206 LoriE\GKi\

ELSA

Au nom de Dieu, pourquoi m'accuses-tu? Est-ce moi qui t'ai jetée dans la douleur?

CRTRUDE.

Quoi ! pourrais- tu donc m'envier vraiment le bonheur d'avoir été choisie pour femme par l'homme que tu avais si hautement dédaigné ?

ELSA

Dieu tout-puissant ! Est-ce à moi que tu adresses ces paroles 9

ORTRUDE

Si une erreur déplorable, égarant sa pensée, l'a contraint à t'accuser d'un crime, toi innocente, son cœur est maintenant déchiré par le repentir, il est condamné à une expiation cruelle.

* ELSA

0 Dieu de justice!

ORTRUDE

Tu es heureuse ! après de courtes souffrances, que l'innocence adoucissait, la vie n'a plus pour toi que sourires ; tu peux, dans ta félicité, t'éloigner de moi; tu m'envoies au loin chercher la mort, de peur qu'un triste retlet de mes chagrins ne revienne jamais attrister tes fêtes.

ELSA

Quel indigne hommage rendu à ta bonté, Dieu tout-puissant qui me donnes le bonheur, si je repoussais loin de moi le mal-

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