Voir le chapitre sur le Panthéon
2. Y oir l'Inventaire général des richesses d'art, Paris, Monuments civils, t. III, p. 38.
3. Rapport d'Ulysse Parent au Conseil munie. (Luc. Lambeau, L'Hôtel-de- Ville de Paris, 1908, p. 65, 73).
LES ARTS POLYCHROMES; LA CHIMIE DES COULEURS; LA GRAVURE ET LA LITHOGRAPHIE ; LA MÉDAILLE.
I. — La vigilance de Quatremère a cherché tantôt à intercepter, tantôt à régler les arts polychromes renouvelés du nrioyen âge ou de la Renaissance. Cependant il perniet à la sculpture, non sans réserves, le jeu des couleurs : l'exemple de l'antiquité, par lui-même révélé, a fait taire sur ce point ses répugnances d'idéaliste, que l'époque a gardées ; son initiative a même fait surgir, en pleine école classique, des audaces heureuses. Sculpture, mosaïque, céramique émaillée, vitrail, autant de champs de bataille, où luttent l'école du coloris qui offusque la ligne, et celle du blanc ou du gris qui la laisse prédominer.
En 1791, au Panthéon, d'accord avec Rondelet, il fait poser des verrières grises ' ; c'est la tradition inaugurée par la Renaissance. Sous l'Empire, les architectes se conformeront encore à son exemple en demandant, pour l'église rendue au culte, des vitraux a avec ornements à teintes plates». Dès cette époque pourtant le goût du moyen âge, forme anticipée du romantisme, cherche à réhabiliter le grand vitrail à couleurs intenses : en i8o4 et 1806 Alex. Lenoir, toujours précurseur, publie Y Histoire de la Peinture sur verre, prône (( la manière gothique », appelle de ses vœux une renaissance, et déplore que la première lueur nous en vienne d'Allemagne '.
I. Lettres de Rondelet et de Quatremère, en ventôse et nivôse an II (Arch. Nat., 325^ et 333-'i).
3. Le premier plaidoyer est compris dans le Musée des Monuments français, i(So/t, 8 vol. ; puis la Peinture sur verre reparaît en 1806, en 1809 ^^^ins le Mo-
Le réveil religieux de la Restauration fait revivre le vitrail * : Mortelèque, Paris, Pierre Robert, le comte de Noë^, cherchent les anciens procédés et exposent des « verres émaillés » ; Bontemps à la verrerie de Choisy, surtout Brongniart à Sèvres, en exécutent pour Notre-Dame-de-Lorette, pour la Sainte-Chapelle, pour Saint-Etienne-du-Mont, pour Sainte- Elisabeth. Plusieurs de ces commandes sont faites (1826- 1827) au nom de la Ville de Paris par le comte de Chabrol, très épris de ce mode de décoration \ Alors Quatremère, conseiller général, entre en scène, avec d'autant plus de décision que Brongniart, voulant faire consacrer officiellement par l'Académie cet engouement religieux et artistique, adresse à celle-ci, le 1/4 juin 1828, un « Mémoire sur la peinture sur verre ))\ Magistrat de Paris, dont l'intérêt est en cause, et secrétaire perpétuel de l'Académie, qui est la gardienne du goût, il fallait énoncer une opinion ou un arrêt : le 28 juin, il répond par « Quelques considérations sur l'abus ou l'emploi qu'on peut faire de la peinture sur verre et sur les vitraux » \ Enrichi des notions techniques fournies par Darcel, il les publie presque aussitôt dans le (( Dictionnaire d'Architecture », qui fait autorité® : inconnu des anciens dans leurs édifices, né dans la décadence des arts, simple travail de manufacture qui ne cherche que le plaisir des yeux par des (( configurations coloriées », lié au goût de la construction gothique, le vitrail est une magnificence « noble
niteur (p. 211), en 1810 dans l'Histoire des Arts en France, en 1827 dans des articles du Journal des Artistes, t. I : cette Renaissance fut un des plus chers désirs de Lenoir, qui conservait aux Petits-Augustins quelques débris de vitraux du moyen âge et de très beaux du xvi*' siècle.
1 . Cf. Baltard, Mémoire sur la Peinture sur verre, lu en séance des cinq Académies de l'Institut, 16 août i864 {Revue universelle, t. XX, p. I75).
2. Cf. aussi aux Arch. de l'Acad. des Beaux-Arts, dossier 1828, la lettre de Rodet, peintre de Lyon, élève de David et de Gros, sur ses recherches.
3. Moniteur, 17 novembre 1826, et le /?ajDpor< au conseil général pour le budget de 1827, p. 78.
4. Procès-verbaux de V Académie, i4 juin 1828. Le Mémoire de Brongniart paraît en 1829.