‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 148 sur 396 · Cf. A. Maury, Biogr. univers., t. XXXIV, p · texte numérisé non relu

Cf. A. Maury, Biogr. univers., t. XXXIV, p

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Il porte d'abord dans le débat son talent de polémiste: les (( Considérations » et leur deux (( Suites » sont un vigoureux réquisitoire, plein de vie encore aujourd'hui, contre les privilèges académiques, et un magnifique plan d'enseignement public du dessin, auquel on a beaucoup emprunté. Elles éclairent les premières décisions de la Constituante \ Puis, élu député à la Législative tout exprès pour défendre les intérêts des artistes ^ il intervient en personne près du Comité d'Instruction publique et près de l'Assemblée, avec une opportunité, une précision, qui emportent le vote. Il y a lieu de reviser le procès historique, qui n'a bien mis en lumière que le grand premier rôle : David. Mais avant l'entrée de celui-ci, Quatremère n'était-il pas en scène .^ N'aurait-il pas organisé la campagne, fixé les griefs en ces formules précises qui doublent leur puissance offensive, leur force de pénétration, et préparé les plans de l'avenir.^

Lorsqu'il entre en lutte armé des (( Considérations », les trois partis qui se sont formés dans l'Académie ont déjà exposé publiquement leurs revendications ^ Le plus violent, celui de David et des douze académiciens, veut démolir la (( Bastille académique » et ériger sur ses ruines la « Commune des arts *». Renou, secrétaire de l'Académie, a répondu au nom des académiciens officiers par l'apologie de l'institution sacro-sainte \ La « Majorité », avec Pajou, Lebarbier, Vincent..., a proposé à son tour une Académie Centrale, oii

1. La dernière Suite est antérieure à juin 1791, sous la Constituante.

2. Cf. son discours de remerciement à l'Assemblée électorale et les félicitations de Pastoret, le 21 septembre 1791 (E. Gharavay, Assemblée électorale de Paris, p. 259-260).

3. Sur la série très riche de ces documents, cf. Tourneux, Bibliocj. génér. de l'Hist. de Paris, t. III; Tuetey, Répertoire des sources man. de l'Hist. de P., t. VI; Guillaume, op. cit., p. ix; et surtout le catalogue chronol. de Sigism. Lacroix, Actes de la Commune de Paris, 2^ série, t. IV, p. 598-64 1-

4. Mémoire sur l'Acad. Roy. de Peint, et de Sculpt., par plusieurs membres de cette Académie, Paris, 1790.

5. Esprit des statuts et règlements de l'ancienne Académie royale... pour servir de réponse aux détracteurs de son régime, Paris, 11 septembre 1790.

LES PREMIÈRES CAMPAGNES (l^QI-lSlG) l53

officiers et simples agréés seront de pair, ainsi que les mérites et les genres \

Quatremère intervient alors pour se mettre au-dessus de partis^ dont l'un veut détruire l'autorité, l'autre l'accaparer, le troisième la diviser. « Commune, Aristocratie de Venise, Majorité », chacun de ses trois opuscules leur fait face tour à tour. lia bien une sympathie secrète pour le parti de David, qui est celui de la liberté ^ ; mais là que d'égoïsme ! Essayant généreusement d'adapter à l'esprit nouveau ce que les anciennes Académies pouvaient avoir d'excellent, il cherche, non à détruire (( à l'aveugle », ni à conserver de parti pris, mais à réformer. Quelques-uns de ses projets de réforme ont été exécutés.

La première réforme à accomplir c'est de limiter, avec l'agrégation académique, « cette tendance dépravée de toutes les volontés vers une distinction de la fortune ». Pour le recrutement, son libéralisme veut des juges moitié pris dans l'Académie, moitié au dehors, de façon à éviter l'esprit de coterie jalouse ; pour le mode, l'abolition du morceau de réception, qui perpétue l'esprit des corporations anciennes^ L'artiste-candidat devrait n'être désigné que par ses succès prolongés aux expositions publiques. Mais la réforme à laquelle il tient le plus, c'est que l'Académie, renonçant à ses distinctions, cesse d'être une assemblée honorifique pour n'être plus qu'un corps de professeurs '\ L'Académie réduite à une Ecole des Beaux-Arts ! Voilà ce qui a le plus indigné les académiciens officiers. Contre cette invention Renou, dans sa lettre à Vergniaud, président de la Législative ^

1. Adresse et projets de statuts et règlements pour l'Académie centrale de peinture, sculpture, gravure et architecture, présentés à l'Assemblée nationale par la majorité des membres de l'Académie royale, Paris, 1790.

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