‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 156 sur 396 · Mémoires, Paris, Charavay, i8g5, p. 268 sq · texte numérisé non relu

Mémoires, Paris, Charavay, i8g5, p. 268 sq

3. Réfutation de la deuxième suite, p. 3, 4? 7- — Le recrutement de modèles féminins est décidément un des principaux griefs de Renou. « L'article femmes présente quelques inconvénients, dit-il. Des femmes pudiques ne voudront pas. Il faudra chercher dans des lieux où le professeur pourrait ne pas fréquenter; et même celles-là n'oseraient pas devant soixante ou quatre-vingt jeunes gens. Et combien faudrait-il en dévoiler avant de faire un bon choix I Pour convaincre M. Quatremère de la légèreté de sa proposition, supposons-le un moment directeur de cette école : voudrait-il se charger de l'approvisionnement de modèles de femmes ? » Sous une forme humoristique, c'est d'un grave principe de pédagogie esthétique qu'il s'agit.

4. Moniteur, 2 5 brumaire an IX : création d'une école spéciale des Arts du dessin.

5. « La liaison des sciences, des lettres et des arts, ... la nécessité d'un cheflieu commun, ... l'utilité enfin d'un Institut général ... n'échapperont point à la sage prévoyance de nos législateurs. »

6. Quelques idées sur les Arts..., Impr. Nat., pluviôse an II.

vante », destinée à « rassembler et raccorder toutes les branches de l'instruction », le rappelle nécessairement*; et quand il déclare qu'il le recommande (( des noms de Talleyrand et Condorcet, et de plusieurs autres écrivains », à qui peut-il songer ici sinon à Quatremère, qu'il ne nomme point parce qu'il est actuellement suspect ? Quant aux deux premiers, leurs rapports et projets sont postérieurs à la (( Deuxième Suite '^ ».

Quatremère fut ravi de la création de l'Institut en 1796, qui (( rassemblait les débris, les talents dispersés^ ». Il n'en fait pas partie: en effet, c'est le gouvernement qui nomme, et Quatremère a été condamné à mort par contumace le 25 vendémiaire. D'ailleurs, il a dû réprouver la part trop modeste faite aux Beaux- Arts, qui sont confondus avec les Lettres et l'Histoire ancienne ou Antiquités. Mais à la réorganisation de l'Institut (arrêté du 3 pluviôse XI), il y entre (16 février i8o4) ^ ; revenu des errements oii l'avait entraîné le premier enthousiasme de la liberté, il prend dès l'abord une autorité prépondérante dans le corps aristocratique qui renouait les traditions des anciennes Académies et rendait à celle des Beaux-Arts une seconde existence, autonome dans l'ensemble.

Telle est, dans* la a rixe académique », le rôle de l'énergique athlète. Il organise l'enseignement supérieur du dessin par l'Etat, c'est-à-dire donne l'idée et le plan d'une Ecole des Beaux-Arts ; il contribue fortement à faire abolir les privilèges pour l'admission au salon et le droit exclusif aux récompenses. Jusqu'en octobre 1791 il donne, par ses trois brochures, à la démocratie des artistes une conscience nette

1. Cf. Taillandier, Documents bmjrapJùqiies sur Daunou, chap. v, et Revue des Questions historiques, le"" juillet 1908, p. 1/I2.

2. Elle est antérieure à juin 1791- Or le rapport sur l'Instruction publique de Talleyrand est présenté à l'Assemblée les 10, 11, 19 septembre, et le rapport de Condorcet (qui l'a élaboré devant le comité de l'Instruction publique où siège Quatremère) n'est présenté que les 20 et 21 avril 1792.

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