‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 173 sur 396 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

2. Notice des travaux de la classe depuis octobre i8i/i,lueen séance publique du 28 octobre i8i5.

3. Annales Encyclopédiques , 1817, t. I, p. 3l^l^ sq. Et il ajoute : « Je ne parle pas de ceux qui ont vu avec joie l'enlèvement des chefs-d'œuvre ; quoique nés en France ils ne sont pas français » .

4. Denon et lui sont à l'Académie des Beaux-Arts les deux personnifications, l'un des déplacements, l'autre des restitutions. Lorsque l'ancien directeur du musée Napoléon mourut, le 17 avril 1825, le secrétaire perpétuel ne put se résoudre à prononcer, ni aux funérailles ni à l'Académie, l'éloge du dilettante qui avait si bien servi en 181 1, t8[2, la « politique léonine « de son maître: il laissa le discours aux obsèques à Gros, qui avait aidé aux déplacements en 1796-

5. Et aussi en 1820 (Journal des Sava?its, p. 79-80). Visconti fit aussi l'apologie de l'enlèvement, avec tous les commissaires réunis à Londres au début de 1816 (id., p. 84). — Cf. enfin l'avis de Michaelis dans Die Archdologischen Entdeckungen des neunzehnten Jahrhunderts, 19^6 (d'après le Journal des Savants, 1907, p. 263).

LES PREMIÈHES CAMPAGNES (179I-1816) 1^9

progressive du monument, qu'aucune loi de conservation ne protège, l'avidité du touiiste et l'impossibilité d'étudier làhaut des fiontons qui sont hors de l'examen. Mais il ne dit pas la vraie raison. Rome est la cité de son cœur, non Athènes. Il veut, il exige qu'on étudie l'art grec, le pur art grec, celui de Phidias ; mais il n'exige pas qu'on aille respirer son parfum dangereux sur le sol même oii il a fleuri. Il sent que la doctrine idéalo-antique n'a rien à gagner à chercher ses inspirations, directement, dans le pays qui fut en art le grand maître du naturalisme délicat dans le style. De Rome il aspire à l'art grec, mais il ne fait pas une discipline pédagogique du voyage en Grèce, qu'il n'a que personnellement désiré et qu'il n'a pas plus accompli que Winckelmann. Sa conviction pleine et forte a d'ailleurs trouvé la formule : (( Rome est pour nous ce que la Grèce était pour Rome. » L'avenir de notre art français étant attaché à l'intégrité de Rome ville d'art, c'est donc par patriotisme qu'il a dénoncé en 1 796 les déplacements, et servi en i8t5 la revendication des alliés^

III. — La campagne contre les Musées, en particulier contre le Musée des Monuments français (^i jgi-i8i6).

Après la campagne contre les spoliations qui enrichissent les Musées, il s'en prend aux Musées qui s'enrichissent des spoliations. Ils n'eurent jamais plus redoutable adversaire. Toute sa vie, mais surtout de 1791 à 1816, avec la ténacité de la foi et l'éclat du talent, il s'applique à faire voir dans la destination qu'on réserve à l'œuvre d'art le principe même qui détermine sa forme, son style et sa valeur expressive. Approuver ou condamner les Musées lui paraît le point de départ de toute doctrine esthétique ^ Son choix est fait : il

1. La Restauration, malgré les indications de Visconti (Arch. Nat. O'^ iSgS) sur les œuvres que le Louvre pourrait acquérir, n'a guère reçu en bloc de l'Italie que (( 20 objets de sculpture antique enlevés à la villa Albani « par le prince lui-même, et achetés en i8i5 par le gouvernement (id., O'^ l'ii^i).

2. Les Considérations de i8i5 qui sont le centre de sa campagne ne sont que

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faut en détourner les œuvres à naître et celles du passé , qu'elles soient d'autrefois, d'hierou de demain, le Musée ou la pensée du Musée leur sont mortels.

Dans cette double campagne le meilleur de son effort est contre le musée d'Alex. Lenoir. On a cru longtemps que le sculpteur J.-B. Deseine' et le réveil de l'esprit religieux et royaliste, de 1800 à la Restauration, avaient suffi à le dépouiller, puis à l'anéantir. Mais les procès-verbaux inédits du Conseil général de la Seine de l'an VIII à l'an X^ surtout si on en rapproche certains textes, révèlent dans (( le terrible champion du romantisme et du classicisme » le pire ennemi du musée dont le Louvre a recueilli l'esprit et les restes : le pire par ses hautes fonctions, par son autorité à l'Institut, par sa personnalité puissante dans la doctrine et dans l'action. Entre tous les (( emmagasinements » que la Révolution et l'Empire ^ ont établis etqu il voudrait disperser, celui de Lenoir a eu l'honneur de ses premiers coups.

Il a vu de près ce qu il appelle avec son ami Grégoire le (( vandalisme » révolutionnaire * : député de Paris à la Législative, membre de la section des Bibliothèques et monuments au Comité d'Instruction publique, il a tâché de contribuer à l'inventaire des richesses d'art de Paris, qui allaient être dispersées ". Mais il ne semble pas avoir vu d'un bon œil l'entassement quotidien au dépôt des Petits-Augustins : dès

« des fragments détachés d'un grand ouvrage auquel il consacre sa vie entière » (Chéron, Annales de la Littérature et des Arts, t. III, 182 1, p. 448).

1. « Lenoir fut terrassé par Deseine, àme vindicative » (L. Gourajod, Alex. Lenoir et son Journal, t. II, p. xvii).

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