Jupiter Olympien, IV
2l8 LES INSTITUTIONS
Blouet, qui en retrouve en 1 829-1830 l'emplacement et les traces, lui emprunte le parti des deux ordres doriques superposés à l'intérieur, de l'éclairage de l'iiypèthre, bref (( adopte entièrement les idées » émises dans le Jupiter Olympien (( parce qu elles sont le résultat de connaissances contre lesquelles les siennes ne peuvent entrer en comparaison )) \
Il a donc contribué, en arcliitecture comme à propos des vases, à faire remonter les archéologues vers les sources. A travers Palladio et Vignole il rencontie Vitruve ; il a le sentiment que Vitruve, qui selon lui « ne connaissait que l'Italie romaine », est cependant tout pénétré de l'art hellénistique ; de là il atteint au dorique grec, qu'il distingue du dorique romain, distinction si nécessaire après Vitruve, et qu'avaient ignorée David Leroy et Winckelmann ^ Il aide à son triomphe, qui succède au prestige des ruines de Palmyre et de Baalbeck, et constate avec bonheur que depuis le rayonnement de (( l'antique Possidonie... on ne veut plus du corinthien ; les architectes n'en tiennent plus ». Aussi, dans l'art contemporain, salue-t-il avec joie le dorique romain à Saint-Philippe-du-Roule, par Chalgrin : « Enfin ! on vit un portique de colonnes doriques couronnées d'un fronton^ ! » Il applaudit à la villa Giulia, de Dufourny , à Palerme, où pour la première fois peut-être reparaît dans un frontispice Tordre dorique grec'. C'est ce même style qu'il voit s'épanouir (assez altéré) au cloître des capucins de la chaussée d'Antin par Brongniart (i 780-1 782) ^ au portail de l'Hôtel-Dieu par Glavareau (i8o/i). Sa noblesse sévère paraît si bien réservée « aux temples des grands dieux », qu'il regrette même de le voir « prostitué à toutes les bâtisses » ^
I. Expédil. scieniifiq. de Morée, t. I, p. -yo, pi. 68, 69. Quatremère fut certainement pour beaucoup dans l'entreprise de Blouet, qui recompose encore les frontons en s'aidant de la restitution de Quatremère (id., p. 67).
2. Mémoire sur la restitution du temple de Jupiter à Agri(jeiite,p. 272, 276-277.