Fr, Benoit, op. cit., p
L OllGANISATION OFFICIELLE DE LA RÉSISTANCE 279
tion publique, ramène, selon le vœu de Quatremère, l'ancien régime de la pédagogie artistique, c'esl-à-dire les « anciennes académies avec de légers changements » : l'Ecole Spéciale de peinture et de sculpture et l'Ecole d'architecture ont une existence propre assurée. Sans doute la loi maintenait aussi renseignement primaire du dessin établi par la Révolution ; mais la place qu'on lui faisait dans les Lycées était bien minime. Quatremère dut se trouver satisfait, car ses rapports au Conseil général, le i3 et le 1 5 prairial an X, qui rappellent l'attention du gouvernement sur les autres réformes déjà sollicitées par lui au nom du Conseil, ne réclame plus rien de celles qui concernaient le haut enseignement artistique. 11 est si heureux de son œuvre et de ses effets qu'il l'envoie à Canova, par l'intermédiaire de Mourgue, secrétaire du ministre de l'Intérieur'. Canova présente le mémoire au Pape, sollicite de lui l'application à Rome d'une Ecole spéciale ou Académie des arts du dessin^ : et ce fut l'Accademia di S. Luca, dont l'enseignement, sous l'inspiration de l'admirateur passionné de Quatremère, est en effet la mise en œuvre des mêmes principes ^ Il est piquant de voir notre italianisant diriger à distance la pédagogie artistique romaine. Entre Paris et Rome ce fraternel échange a pour but avoué, proclamé, l'avènement d un art international, dont les deux capitales seront les plus actifs foyers.
Le secrétaire perpétuel de la Restauration avait donc des droits anciens à la tutelle de l'Ecole des Beaux-Arts. Nous n'avons pas trouvé de document prouvant qu'il ait participé à l'ordonnance du 2 4 avril i8i6 qui destine à celle-ci les bâtiments des Petits-Augustins après dispersion du Musée de Lenoir ^. Mais n'oublions pas qu'il est pour beaucoup
1. Bibl. Nat., Département des Mss., liai. 65: lettres de Canova à Quatremère de décembre 1801 et de mars 1802.
2. Id. : lettre à Quatremère du 25 août 1802, — « lo mi lusingo di vederlo messo in esecuzione qui a Roma ».
3. Cf. les programmes dans Missirini, L'Accademia romana diS. Liica^ Roma,
4. Elle porte qu'au i5 octobre 1819 l'Ecole occupera la totalité des bâtiments — L'ordonnance n'est que la réédition du décret de Napoléon en 181 1.
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dans cette dispersion. Delaborde, un de ses successeurs, dit d'autre part que ce transfert fut l'œuvre de l'Académie, où Quatremère est déjà tout, surtout en administration. Nous savons du reste qu'il est un ami politique de Laine, qui eut alors à résister aux convoitises des communautés religieuses\ Toujours est-il que le 3 mai 1820, pour la pose delà première pierre des nouveaux bâtiments, il est là, avec Gérard, président de l'Académie et Lesueur vice-président ^ Lorsque son nom fut gravé sur la plaque commémorative, il dut éprouver un autre sentiment que celui des joies officielles : l'Etat, en assurant une demeure, c'est-à-dire un Palais spécial à renseignement supérieur du dessin, jusqu'ici ballotté du Louvre au Collège Mazarin, assurait à l'enseignement lui-même, sous les auspices de l'Académie, une existence définitive, une organisation et des principes fermes.
Le premier soin du secrétaire perpétuel avait été d'assurer à l'Académie des Beaux- Arts, dans un projet de règlement présenté au ministre de l'Intérieur, « la direction et la surveillance absolue sur l'Ecole ». Le ministre, sur le rapport de Grille (9 juillet 18 16), cbef du bureau des Beaux-Arts, s'oppose à cette hégémonie. « On ne voyait pas, disait Grille, que cette disposition pût rien produire de favorable. Elle eût excité des réclamations de la part des professeurs. Son Excellence ne l'a point admise, elle Ministre a été maintenu dans son action immédiate sur cet établissement^ ». L'important eût été de nommer les professeurs : mais elle n'obtient que le droit de présenter un candidat'', l'assemblée des professeurs en présentant un autre, et le Ministre nommant en fin de compte. Entre le principe de l'étatisme et le principe républicain de l'Ecole se recrutant et se gouvernant elle-même, Quatremère trouve encore le moyen d'insinuer l'Académie.
Son ambition de contrôler la pédagogie artistique ne se borne