I. Moniteur, 1 3 juillet
2. Arch Acad. B.-A. ^^33 nov. i8i6) et Proc.-verb., même date.
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(( celle de l'homme est sans doute la plus importante S) î La remarque est opportune en 1816 : les chevaux naturalistes de Géricault vont paraître à Epsom (1820) ou à l'écurie (1828), les lions et les tigres de Delacroix vont un peu plus tard vivre en liberté, Barye et Berré vont modeler eux aussi au Jardin des Plantes leurs bêtes magnifiques et puissantes, sans histoire ni paysage pour les anoblir. Quelle catastrophe pour l'Ecole classique ! qu'on se rappelle la défiance de Charles Lebrun et de l'ancienne Académie^ à l'égard des chameaux, « objets bizarres qui pouvaient débaucher l'œil du spectateur » dans VEliezer et Rebecca de Poussin, et à l'égard de l'éléphant, (( espèce de monture rejetée de nos escadrons... ; petit détail, qui est contraire à nos manières de combattre ». A celui-ci Quatremère, nous l'avons vu, fait la chasse.
Enfin les rapports de l'Ecole a^ec l'Académie, dans le règlement de 18 19, sont d'un dosage délicat d'indépendance et de liberté, propre à laisser toute sécurité au secrétaire perpétuel. Pour les Grands Prix l'Académie arrête les sujets, détermine le nombre des élèves admissibles au concours, choisit ceux qui sont admis et distribue les prix. Le secrétaire perpétuel adresse au ministre le résultat des concours et rédige les procès-verbaux des jugements ^ Mais surtout les professeurs, que la liste oii les choisit le Roi soit présentée par l'Académie ou par l'Ecole, sont toujours des académiciens, puisque les membres de l'Ecole appartiennent déjà eux-mêmes à l'Académie. Celle-ci n'enseigne plus directement et collectivement, comme avant 1793, mais l'enseignement donné à l'Ecole par ses membres les plus notoires est une émanation de son esthétique, telle que Quatremère en a concentré l'essence en ses ouvrages. Delaborde,
T. Notice des travaux de l'Académie depuis octobre i8i5 ^Moniteur du I3 oct. 1816). — Une collection de modèles anatomiques et de moulages d'animaux ne fut fondée qu'en 1869, avec les moulages sur nature acquis à la vente après décès de Barye (cf. E. Mûntz, Guide de l'École des B-A., p. 43).
2. Cf. H. Lemonnier, L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin, p. 352.
3. Voir Victor Baltard, La Villa Médicis à Rome, 18^7, p. 33 sq. : art. 7, 21, 22 du règlement de 181 y.
l'okganisatiO-x officielle de la résistance 285
l'historien de FAcadémie des Beaux-Arts, met tout son tact à démontrer la prudence du règlement de 1 819 : la prudence (el la sienne propre) est telle, que l'historien, après avoir victorieusement réfuté l'accusation de (( despotisme )) de la part de l'Académie, prouve victorieusement qu'elle (( n'abdiquait rien de ses privilèges^ ». Le plus clair, c'est que l'opposition, depuis 1827 et surtout après i83o, a regardé l'Académie comme la gardienne de l'orthodoxie à l'Ecole.
Sur les questions de discipline le secrétaire perpétuel se montre sévère, et il a ses raisons. Sa correspondance avec Mérimée^ fait foi de ces sévérités, que commenteront bientôt pour nous celles dont il a usé à l'égard de l'Ecole de Rome. Les règlements sont sacro-saints : en doctrine classique, l'insubordination des volontés entraîne celle des esprits, indiscipline et hérésie sont solidaires. Six concurrents du Grand Prix de 1816, n'ayant pu poser le modèle nu à cause du froid excessif, demandent la prolongation du concours ? Le secrétaire perpétuel consigne au procès-verbal la décision de l'Académie, qu'il a vraisemblablement sollicitée : « les règlements seront appliqués «dans toute leur rigueur.^ ))En i836 les concurrents demandent à l'Académie 1 autorisation d'amener dans leurs loges, comme modèles, desenfanls des deux sexes de deux à dix ans : l'Académie refuse par vingt voix contre huit^ ; la voix de Quatremère n'était point parmi ces dernières, bien qu'en 1791 il eut expressément demandé dans son projet d'Ecole des Beaux-Arts (( des modèles des deux sexes et de tous les âges^' ». C'était le temps où, sous la séduction de Canovaetde Piudhon, il regardait la privation des modèles de femmes comme la cause du « style sans grâce » de l'Ecole de David, et cherchait «le mélange de la