Arcli. Acad. B.-A., i83i
coreles échos tumultueux de cette « révolution ))\ La même année encore, V Artiste prend violemment à parti les concours. En sculpture, la « Mort de Caton dUttique » n'a provoqué que (( des larcins à l'antiquité » ; en architecture, (( Un établissement d'eaux thermales » a fourni aux concurrents l'occasion de prouver une fois de plus qu'ils savent par cœur volutes, listels et triglyphes ; rien de personnel, de hardi. En peinture, (( le droit divin de la vieille école » s'est réfugié dans les programmes : voici encore de nos jours (( Achille poursuivi par le Xanthe » ! Qui nous délivrera des Grecs et des Romains ^ !
Ferme devant la tempête, Quatremère n'en mit que plus de ténacité à rappeler au respect des institutions, c'est-à-dire du droit sacré de l'Académie, ce régime de « novateurs ». A la mort de Gros, en i835, le ministre oublie de demander à celle-ci de présenter un des candidats pour le poste vacant : Quatremère lui écrit une lettre sèche et rude pour lui rappeler l'article 3i des statuts, violés déjà plusieurs fois ^ Le ministre répond, avec mauvaise foi, que ce droit appartient aux professeurs de l'Ecole réunis, et, avec malice, que ceuxci d'ailleurs sont tous académiciens. Mais la malice ne change point le fait: le pédagogue donne la férule à l'homme d'État.
Maintenir le haut contrôle de l'Académie, c'est à ses yeux surveiller la formation première des artistes, faire descendre jusqu'à eux par voie de retour les principes de goût qui ont conduit les académiens d'aujourd'hui de l'Ecole à l'Listitut. Un cycle parfait, où il finit par discerner comme un dévot quelque chose de mystique, réunit l'Ecole des Beaux-Arts, qui est la pépinière des vrais artistes, l'Académie de Rome, (( séminaire » où ils apprennent la religion de l'antique et de l'Italie, et l'Académie des Beaux- Arts, qui est la gardienne du dogme et la consécration suprême du talent.
1. Lettres inédites de Georges Lefrançois (Arch. du Calvados).