V. — L' Académie de France à Rome
Son action sur l'Académie de France à Rome a été bien plus directe et bien plus puissante que sur l'Ecole des Beaux- Arts. Il l'a voulu ainsi : installée à Rome dont l'influence (( est semblable à celle du soleil du printemps sur la nature », élite d'une première sélection opérée à l'Ecole des Beaux- Arts, laboratoire de ceux qui doivent honorer l'art français en exécutant les travaux du gouvernement, elle est aussi le milieu de choix oii l'Académie refait son indéfectible jeunesse. (( Puissiez- vous, dit le secrétaire perpétuel aux grands prix qui vont partir, être un jour assis aux places qu'auront occupées vos maîtres^ ».
Il l'a passionnément aimée, bien avant que ses fonctions lui donnent sur elle des droits de tuteur. Il y vit en pensée, reçoit de ses nouvelles par le Diario di Roma, par les pensionnaires, et surtout par le directeur^ : la première lettre qu'il adresse à Thévenin à son entrée en fonctions est pour le prier d'assurer « les communications périodiques qui mettront en rapport suivis et constants l'Ecole de Rome avec celle de Paris ^ ».
Son premier soin est de chercher à assurer la tutelle immédiate de l'Académie. Pendant l'élaboration des règlements qui préparent l'ordonnance du /i août 1816 il demande qu'elle exerce « une direction absolue sur l'Ecole de Rome, et que soit restreint à deux le nombre des candidats qu'elle aurait à présenter pour la place de directeur». Sur le rapport déjà cité de Grille, le gouvernement maintient ses droits et les trois présentations entre lesquelles il choisira \ C'est