Séance du 6 mars 1792 (^Moniteur du
3. Quatremère fut certainement, avec Dufourny, un de ceux qui le déterminèrent à la publier (^Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phénicie, de la Palestine..., 1799 et sq.).
4. Dans son discours du 6 février 1793 à la Convention, Barère, comme il lui arriva plus d'une fois, emprunte à Quatremère : « Les artistes sont malheureux... C'est dans les révolutions que les arts sont oubliés ou méconnus... Faites des lois bienfaisantes qui arrêtent l'émigration des arts et des artistes, maltraités
Mais la poussée des événements emporte vite ces généreuses intentions et l'effet de son discours : Denon, voyageant en Italie, est inscrit sur la liste des émigrés, a ses biens séquestrés, et ne doit qu'à David d'être rayé à son retour ^ A la Société républicaine des Arts, en l'an II, on dénonce comme hors la loi ceux qui résident là-bas, (( liés avec l'aristocratie cardinalesque de Bernis », et, pour représailles, on proposa de brûler leurs œuvres ^ Pendant ce temps Quatremère, soucieux de développer en France autour de ces êtres rares une atmosphère d'épanouissement, fait obtenir au sculpteur Chardin, auquel il confie des bas-reliefs du Panthéon, un j certificat de non-émigration \
Le Conseil des Cinq-Cents considère aussi la pratique de l'art comme un simple négoce, et veut soumettre à l'impôt de la patente architectes, sculpteurs, peintres et graveurs. Ils se révoltent sous l'injure; en vendémiaire an V, Séb. Mercier demande bien pour eux l'exception, mais avec d'ironiques considérants sur l'abus de (( l'artisterie », qui les exaspèrent' : le Conseil rejette l'exemption. Mais ce que ce prototype du « bourgeois » n'a pas su dire, Quatremère le dira. Vien, Pajou, Julien, Regnault, Suvée... demandent le renvoi à une commission spéciale dont il est le rapporteur ^ Son mémoire^ est, avant le romantisme et les Jeune France, une si curieuse thèse sur l'artiste désintéressé et la qualité singulière du travail artistique, que l'impression est ordonnée. Le droit de patente est un impôt mis sur l'industrie ;
et persécutés dans leur mère-patrie, à Rome, à côté des chefs-d'œuvre qu'ils vont imiter. Les artistes doivent trouver en France un asile assuré et des secours généreux... Prouvez à l'Europe qu'aucun genre de gloire n'est étranger à une nation éclairée et libre », {Proc.-verh. du Comité d'Instr. publiq , t. I, p. 3i2).