‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 327 sur 396 · P. iAViAt · texte numérisé non relu

P. iAViAt

3. Cf. le cliapitre sur l'Académie des Beaux-Arts, et Pe^Te Xeveu, Considérations sur la nécessilé de rétablir l'Académie d'Architeclure — Paris, i8i5.

LELR5 RAPPORTS OFFICIELS Sb~

renouvelée, soucieux de fondre la variété des talents dans 1 unité d un même idéal, réunissent les sections dans T Académie, comme les Académies dans 1 Institut. Les romantiques, à partir de i83o, protesteront contre le jury d admission au Salon, où l'architecte Fontaine massacre les peintres, où les peintres jugent les sculpteurs, et réciproquement'. Mais pour lui et ceux de sa race, les spécialités, toujours enclines à la virtuosité quand elles sont livrées à elles-mêmes, se disciplinent dans la h compagnie » où elles marchent côte à côte. L individualisme est 1 ennemi, c'est-à-dire le sens personnel. Hanté de 1 exemple de Phidias au Parthénon et de Raphaël au \atican. il a demandé au gouvernement qu au heu de gaspiller ses commandes entre le plus grand nombre possible d artistes, excellents ou médiocres, il instituât pour une entreprise de longue haleine un chef des travaux, un maître de lœuvre, qui concevrait les programmes, dirigerait les équipes d artistes, assurerait par la discipline artistique Iharmonie du tout. Lui-même a été au Panthéon, en 1791 . ce surintendant des travaux. Ingres, quil semble avoir visé en 182^, 1825, i833'. et qui partageait son vœu. reçut cette dernière année 1 offre de décorer de peintures tout le Panthéon, u entreprise aussi vaste qu aucune de celles qu'aient exécutées les maîtres d Italie : il aurait pu employer ses élèves, et renouveler, ce qui m a toujours semblé la vraie manière d'enseiimer, les anciennes écoles des maîtres \ »

Après lavoir dressé très haut en dignité, il est naturel que Ouatremère ait tâché d écarter de l artiste toute diversion. Regrettable le mariage prématuré dePrudhon. irritant celui des pensionnaires de Rome î Si ce misogyne osait aller jusqu au bout de sa pensée, il interdirait le mariage tout net à ceux que l art doit posséder tout entiers. Pas plus de patrie

1. Cf. le chapitre des Salons et jurvs, et les protestations de 1 ArtaU, i832, l.

in, p. 27.

2. Notice sur Girodet (iSaô), les 3 éditions du Raphaël (182^. i833, i835).

3. Lettre inédile de G. Lefrançois à Elouis, 9 juin i83i (Arch. du Calvados). Cétait l'opinion courante dans le grand atelier classique. Inrrt-s fui «lécouragé par linsucccs du Saint-Svmphorien, et refusa.

que de famille : il déplore que Prudhon ne soit pas resté en Italie ; plus un artiste séjourne là-bas, plus il a de droits au génie. Pas plus de service militaire que d'impôt : il ne s'est pas tout d'abord opposé à la multiplication des grands prix afin de faire exempter le plus possible déjeunes artistes d'avenir ; il écrit personnellement au Préfet de la Seine pour l'exemption de Ch. Gruyère, élève de Ramey, « distingué par toutes sortes de succès dans les concours académiques, et qui doit faire un artiste fort distingué \ »

Ainsi affranchi des servitudes communes, l'artiste « est appelé à occuper dans l'ordre social » un rang élevé ^. Le raisonnement de Quatremère est ici dun fin psychologue et d'un idéaliste : l'artiste bien rente, en situation olTicielle, bien assis en considération, n'ira' point galvauder son art au milieu des sujets de bas étage et des formes communes\ Tout se tient, en général, dans la vie et l'œuvre d'un artiste, ses goûts et son goût, le ton de ses manières et celui de sa peinture. Il a vu Prudhon reçu chez le Préfet Frochottout comme lui, Isabey et Denon reçus à la Malmaison ; Moitte, Houdon, Girodet... membres de la Légion d'Honneur ; Vien et David sénateurs. Il a vu celui-ci, son ami. Premier Peintre de l'Empereur, renouveler quelque temps riiégémonie officielle de Lebrun '\ Malgré tout, David n'illustrait qu'un régime militaire, né d'hier ; mais voici que l'art fait revivre la foi religieuse et monarchique de sept siècles, il a une mission sociale. Dans le salon de Gérard se presse l'aristocratie et la finance \ Quatremère y est assidu ; Guérin est recherché dans le monde. Des grands davidiens, Gérard, Gros, Guérin, puis Lemot, Bosio. . . reçoivent le titre de baron. Sans doute ce titre

1. i5 oct. i835 (annexée an catalogue de vente de sa bibliothèque, i85o : exemplaire de la Bibl. Nat.).

2. Rapport au ministre de l'Instruction publique, iti juin i833 (Arch. Nat., F*^ 86171).

3. Jal nous a déjà renseignés sur l'horreur que lui inspirait la Liberté de Delacroix (Sal. i83i).

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