Notice sur Houdon
6. J. Lebreton, Notice sur P. Julien (^Moniteur, i4 vendém, an XIV). — Quatremère ne sépara point dans son amitié Dejoiix, autre camarade d'atelier, de Julien.
L'échec de Julien lui resta sur le cœur : cet amer souvenir les stimula tous deux dans la campagne contre l'Académie et ses routines. Dans la suite, là 011 est Julien, parmi les prix du Jury des Arts en 1796, parmi les protestataires contre le déplacement des chefs d'œuvre d'Italie en 1796, et contre l'impôt de la patente sur les artistes en 1797..., on retrouve Quatremère, qui regarde son ancien camarade d'atelier comme un des premiers adeptes de la réforme néo-antique ^ Sous l'Empire, pour épurer encore son talent, il s'efforce de le rendre canovien, et le mène, comme devant le chefd'œuvre du portrait de haut style, devant le buste du Premier GonsuP.
III. ~ Nous voici en présence de celui qui fut pour lui le dieu de la sculpture, ou plutôt le plus grand artiste des temps modernes y compris David : Canova. Son immense renommée et influence dans l'art français de 1800 à i83o, c'est Quatremère qui en a été l'agent le plus énergique. On n'eu est plus surpris quand on découvre, par les déclarations de Canova lui-même et par leur mutuelle correspondance ^ qu'il a dans une forte mesure façonné son (( génie ».
Lorsque Quatremère arrive à Rome, à son second voyage, en 1783, Canova expose son Dédale et Thésée vainqueur du Minotaure : l'un, vieillard chauve, est une copie assez naturaliste du modèle, l'autre est déjà une aspiration vers le style idéalo-antique ; comme le sculpteur hésite entre les
1. Le Ganymède (Louvre) est en effet une imitation de l'antique.