Lettre de Canova à Quatremère, i^r juin i8o3 (BibL Nat
3. a) A la Bibl. Nat., Mss., Ital. 65: iio lettres en italien adressées par Canova à Quatremère, du 2 déc. 1801 à nov. 1822, dont [\0 ont été publiées par Quatremère dans le texte ou l'appendice du Canova, i834- Ce sont celles qui passèrent en vente à la mort de Quatremère (Catalogue de sa bibliothèque, i85o).
6) Quelques lettres de Quatremère à Canova, publiées en Italien par Missirini, Vitadi Canova, Prato, 1824.
c) Alcune Lettere di Canova, Venezia, 1823.
d) Quelques fragments, dans Malamani, Un' amicizia di Antonio Canova; Lettere al conto L. Cicognara, Citta di Castello, 1890.
e) Une lettre de Canova dans les papiers personnels de Quatremère à l'Institut, du 22 mars i8o3.
LEURS RAPPORTS PARTICULIERS 3'] l
deux voies, Quatremère, que le monde des artistes connaît déjà à Rome comme le « missionnaire de l'antiquité », se présente à son atelier, fait devant lui le procès de la tradition berninesque oii se traînaient encore les sculpteurs Agostino Penna, Bracci, Angelini, et le décide à aller résolument vers l'antique. Il a fort a faire pour l'y maintenir : lors de l'exécution du mausolée de Clément XIV, Pompeo Battoni, grande autorité, formé lui aussi à l'école du Bernin et de Carlo Maratta, blâme le goût trop simple de la statue colossale du Pontife : Quatremère relève le sculpteur découragé et obtient sa parole qu'il s'appliquera désormais à réhabiliter en Europe le style idéal, dont les modèles surgissent tous les jours du sol de Rome. Il a donc dès le début orienté l'art de Canova \ qui n'a jamais cessé de le lui rappeler avec reconnaissance. Dès ce moment commence entre eux une amitié fraternelle que cimentent les trois visites de Canova à Paris en 1802, 1810, i8i5, et une (( preziosa corrispondenza » qui ne finira qu'avec la mort du sculpteur (12 oct. 1822).
De Paris, Quatremère continue de surveiller, de diriger celui dont il a fait le salut, et lui envoie ses ouvrages, que Cicognara lui commente. Surprenante est la docilité du souple vénitien aux « clarissimi suggerimenti », aux conseils (( autorevolissimi e sacrosanli » de son (( padrone » ^. Pour mieux « dépendre entièrement de sa sage direction », il lui envoie les esquisses, dessins, gravures, plâtres mêmes de ses œuvres nouvelles \ Aucune obséquiosité italienne : rebelle
1. Quatremère, dans le Moniteur du i6 thermidor an XII, et dans le Canova, p. 33-35 et 43-47- — Cicognara, Estratto del Giove Olimpico, 1817, Avant-Propos, et Storia délia Scultura, t. lïl, p. 233. — Artaud, dans la Biocjr. univers., nouv édit., t. VI, p. 564-
2. Lettres du 22 mars i8o3, 21 mars i8o4, 22 septembre 1810 (Bibl. Nat.). — « Dalla vostra mano ricevo con eguale compiacenza e le lodi e le critiche, perche sono sempre le une e le altre corroborate da luminoze ragioni. Quelle m'incoraggiano, et queste m'illuminano nella difficile carriera délia mia professione. A me piacque sempre la vostra schietta e franca maniera di sentire e di scrivere... E voi potete fornire fede se ho ascolto con docilità e gratitudine ogni vostro amichevole consiglio », Roma, janv. 1829 (B. N.).