Papiers personnels de Quatremère à l'Institut
l\. Catalogue de la vente de son cabinet, t85o (n»* 67, 85 sq.), 5. Bibliothèque de Rouen, mss. (collection Duputel).
3g6 QUATREMERE ET LES ARTISTES
il fut vraiment heureux de le voir entrer avec une « élite ». C'est pendant cette liaison de trente-neuf ans qu'il vit souffrir cette sensibilité délicate, maladive, et observa de près cette (( manière de peindre qui lui était particulière. .. : retoucher, laisser, reprendre son ouvrage, à chaque accès d'un sentiment qui, trop vif pour être durable, agissait par intermittence^ )). L'allocution qu'il prononce sur sa tombe est très émue, pour un abstrait comme lui : c'est celle d'un intime que cette perte de l'art français a frappe. Il est du moins (( l'exécuteur de ses volontés » en déposant sa dépouille auprès de celle qu'il avait aimée, et s'occupa d'alléger en faveur de sa veuve les frais des funérailles. Sa Notice laisse penser qu'il encouragea à la peinture religieuse, après 1816, aux Crucifixions et aux Assomptions delà Vierge, l'apuléien profane de l'EnlèA^ement de Psyché. Somme toute, à l'antiquaire qui avait longuement A^sité en 1^779 le musée des Studj à Ercolano, Prudhon offrait la menue monnaie de l'antique, de l'art hellénistique, c'est-à-dire de l'art grec énervé par le charme d'Alexandrie.
Plus complexes sont ses relations avec David, mais plus certaine encore son influence ^ Il le rencontre à Rome à son premier voyage, et part avec lui et le sculpteur Suzanne à Naples le 22 juillet 1779 ^ Ce séjour d'un mois, jusqu'au 22 août, (( avec un jeune et studieux antiquaire, artiste luimême, M. Quatremère de Quincy..., détermina sa vocation (de David). Ses yeux se dessillèrent et il fut un autre homme ; de retour à Rome, il s'écriait à chaque pas, devant chaque monument : « j'ai été opéré de la cataracte S). Le témoignage est direct et indiscutable : il provient de Miel, qui les a fort connus tous les deux ; il date d'avant i83/i, du vivant