‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 361 sur 396 · Le Patrocle au Louvre, l'Hector au Musée de Montpellier · texte numérisé non relu

Le Patrocle au Louvre, l'Hector au Musée de Montpellier

SgS QUATREMÊRE ET LES ARTISTES

de 1779 n'étaient encore que des académies routinières selon l'école du modèle, contre laquelle Quatremère veut réagir* ; le Bélisaire, commencé après le voyage de Naples et fini à Paris, est déjà de forme pure, rigide, presque latine, avec des ressouvenirs de Vien et de Drouais.

Mais ce sont les Horaces qui témoignent le plus nettement de la conversion opérée par Quatremère. Les deux amis s'étaient de nouveau rencontrés à Rome en 178/i: David exposait son tableau à la place du Peuple, 011 Quatremère vint le voir avec l'élite de Rome ^ D'Agincourt ayant critiqué les arcs portés sur des colonnes, comme n'étant pas de construction romaine, David écrit au marquis de Bièvre que (( d'autres ont pris sa défense ». Ces autres, ce sont Quatremère et Visconti ^ : c'est le premier qui, alors en veine de recherches sur l'architecture antique pour son grand ouvrage, a du lui fournir cet argument, qu'à l'époque (( du tableau les Romains s'en sont servis à l'exemple des Etrusques )). David resta toujours pour lui (( le peintre des Horaces », et c'est de cette œuvre qu'il date l'unanimité de notre école vers l'antique ^ ; il l'a pour ainsi dire adoptée ^

A Paris leur intimité de cœur et de goût se fortifie. En 1789 il proclame dans le Mercure de France, que vient d'acheter son ami Panckoucke, que David a sauvé la peinture du (( goût français *^ ». En 1791, à la prière de David, Quatremère recommande son beau-frère, M. de Sériziat \ pour le poste de substitut du commissaire du Roi près le tribunal de cassation ; le peintre, dans une lettre au minis-

I. Le rapport des commissaires de l'Académie, du lo avril 1779, remarque l'influence antique dans les œuvres de « Renaut », non chez David (Voir la Correspondance des Directeurs de l'Acad. de France à Rome, t. XIII, p. ^21).

Page 1