The Ruifis of Baalbek, Londres, 1757, i
LES TRAVAUX d'art ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS ^I
l'équipe de Delanoye et de Ligerpour qu'ils substituent à ce fatras « des rosaces et des losanges^ )). Mais le pire défaut était le pittoresque de la sculpture : dans les gloires célestes de riiémicycle et du fronton G. Coustou avait figé dans la pierre l'impalpable et le vaporeux, sculpté la lumière et l'ombre, modelé des rayons, des nuages, le tout parsemé d'anges joufflus en qui revivait l'art de Bernini ; la saillie était légère, comme faite de stuc, les plans multipliés, surtout dans les nuées, et le dessin très rond : autant d'affinités avec la peinture \ Mais le ciseau de Moitte va rétablir dans le nouveau fronton les qualités techniques propres à l'art de tailler la pierre, et dont la sculpture antique a fermement arrêté les modèles. Quatremère n'aperçoit pas qu'à force de vouloir la ligne sculpturale Moitte la tend sèchement.
Cet art prétend être néo-antique. Bas-relief ou statues ne montrent donc que la draperie classique ou le nu ; le style aspire à la noblesse et au calme, condition expresse de la beauté selon Winckelmann^ Comme le Jupiter de Phidias à Olympie ou sa Minerve au Parthénon, le simulacre de la Patrie, s appuyant sur la Liberté et l'Egalité, se dressera dans l'hémicycle sur un soubassement sculpté de bas-reliefs: c'est Quatremère qui dessine le modèle au lavis ^, avec des réminiscences de Canova et des colosses chryséléphantins dont il a entrepris l'étude ; car, sans plus penser à l'économie des deniers publics, que l'Assemblée lui rappelle, nia l'uniformité grise qui lui a semblé jusqu'ici la parure la plus décente d'un monument public, surtout d'un Panthéon, il rêve pour ce groupe de « la richesse de la matière », c'est-à-dire de la polychromie des matériaux. Nous aurions donc pu avoir, dès 1791 ou 1792, au fond du Panthéon, la première sculpture polychrome des temps modernes.