‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 62 sur 396 · Journal de Paris, 5 juin · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 5 juin

3. Cf. p. 228 ; il cite dans le Dictionnaire rf'A7'c/i//t'c<urc les belles descriptions de cbars.

LES TRAVAUX d'aRT ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS 63

font passer sous les yeux de Polia des cortèges grécoromains, avec l'ordonnance d'une frise liturgique?

Dans tous les cas, personnage politique et artiste, il a marqué sa place dans ce chapitre de l'Histoire de Paris qui comprend les fêtes révolutionnaires et leurs accessoires.

VI. — A partirde 1796 il est souvent revenu avec tristesse sur la beauté du Paris du xviii*" siècle, et sur « l'état de délabrement )) du Paris du Directoire, bouleversé, ruiné, livré aux hasards de l'encan. Le Consulat se meta l'œuvre : « De tous côtés on marche sur les ruines des édifices et des maisons... ; de toutes parts on édifie et on répare^ »

Quatremère participe à cette émulation générale. Appelé en 1800 au Conseil généraP qui fait fonctions de Conseil municipal, il est le premier sur la liste présentée par le Préfet au premier Consul et le premier agréé en dépit des compromettantes Lettres de 1796 sur la spoliation de l'Italie. La lettre^ que lui écrit Lucien, ministre de llntérieur, pour l'aviser et le féliciter, laisse voir tout ce qu'on attend de sa compétence d'artiste, d'esthéticien ou simplement d'homme de goût. Deux fois secrétaire, une fois président par intérim, toujours du bureau des améliorations qui s'occupe surtout des travaux d'art, d'édilité et de l'instruction publique, il y reste tout l'Empire, très apprécié de ses collègues, qui accueillent (( avec un plaisir renouvelé » ses « conceptions brillantes ' », et surtout du préfet Frochot ; entre ce dernier et lui ce fut une étroite amitié, qu'avait inaugurée la communauté d'idées

1. Cf. les Notices historiques sur les architectes, surtout la Notice sur Molinos, — Sur l'état de délabrement de Paris avant 1800, cf. les documents cités par Aulard, Paris sous le Consulat, t. II, p. 81G.

2. Les Archives de la Seine ont été brûlées en 1871, mais des extraits des procès-verbaux du Conseil général, de 1800 à i83o, aux Archives Nationales et aux Archives de la Seine, soit manuscrits pour l'Empire, soit imprimés pour la Restauration, permettent d'apprécier l'œuvre artistique du préfet et du conseil. — Cf. aussi pour l'Empire L. Passy, Frochot, Paris, 1867 ; puis A. de La Borde, Paris Municipe, i833.

3. Papiers personnels de Quatremère à la Bibliothèque de l'Institut.

4. Cf. ci-dessous le chapitre sur la campagne contre les musées.

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et de campagnes à la Législative et que cimente sous l'Empire un même amour de Paris. Non seulement Frochot l'a fait entrer au Conseil, mais il l'appelle à diriger des travaux délicats comme les réparations de la fontaine de Grenelle, aux jurys d'exposition, à l'inspection générale des édifices religieux de Paris. Chez Frochot, à Thôtel de ville, Quatremère est assidu^ ; là il resserre ses relations avec Prudhon, commencées en Italie près de Ganova ; il n'a jamais manqué, ni en séance du Gonseil, nia l'Institut, ni dans ses livres, de dire son attachement, son admiration, à l'égard de (( l'administrateur zélé qui a tant fait pour l'intérêt de cette ville et la conservation de ses monuments^ ». Il aurait pu ajouter : après m'avoir le plus souvent consulté. A son autorité devant le Gonseil et àl'aaiitié de Frochot s'ajoutent ses relations déjà connues avec Legrand etMolinos, ce dernier architecte en chef de la Préfecture de Paris : les deux artistes, après avoir, en 1791, collaboré avecKersaintau plan des embellissements de Paris ^ établissent en 1798 un vaste programme de transformations que Quatremère n'a sûrement pas ignoré. A la commission des artistes, qui le reprend, il n'a encore que des amis. Fontaine et Percier, qui l'admiraient, ont dû le tenir au courant de leurs travaux, comme le prouve la Description de Paris.

Malgré la disparition des documents les plus précieux et la règle de 1 anonymat observée par les secrétaires, par Quatremère tout le premier, dans les procès-verbaux qui nous restent, plusieurs de ses interventions nous sont connues. C'est lui qui, l'an VIII, dépose au nom du bureau des améliorations un mémoire sur « différents projets pour l'embellissement de Paris, les percements de rues, la conservation de

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