Rapport du i5 thermidor an VIII
QQ l'intervention dans les œuvRES
avant 1 789 les principales églises de Paris étaient de riches musées ^ Peut-être est-ce pour leur faire rendre ces richesses qu'il amplifie son vœu de restitution jusqu'à la dignité d'une doctrine : il n'est d'œuvre intéressante que de destination publique.
Quant aux monuments, il demande au Conseil^ d'exprimer le vœu, que le Préfet transmettra, que la commande ou l'entretien en soit donné, non au concours, mais aux artistes qui offrent comme garanties les épreuves scolastiques et des grades. C'était déjà essayer de remettre la beauté de Paris aux mains des élèves de l'Ecole des Beaux-Arts et de TEcole de Rome, c'est-à-dire la condamner à n'être plus qu'un reflet de l'antique.
C est vers l'antique, en effet, qu'il tourne lui-même sa plus solennelle initiative. Le Préfet de la Seine ayant, le 7 brumaire an X, émis l'idée d'un monument de reconnaissance de la ville de Paris à Bonaparte, une commission est formée dans le Conseil avec Quatremère pour rapporteur. Le rapport ^ présenté le 8 frimaire, en arrête le type et l'emplacement : ce sera un « portique triomphal », le monument qui est la traduction classique de l'idée de gloire, et le plus (( analogue » au Consul et à ses actions. Certes l'idée n'en est pas neuve : la Révolution a fait de cette forme un lieu commun de ses fêtes ; mais Quatremère lui donne la consécration ofTicielle du Conseil, l'applique à un monument, non de bois, toile et carton, mais durable, impérissable même dans sa pensée, et le dédie au Premier Consul. C'est bien l'arc de triomphe qui sera le type du monument impérial ; en 1802 le concours d'arcs de triomphes' institué pour commémorer la paix d'Amiens est un écho de cette intervention. Bonaparte, qui n'accepte pas, par modestie simulée, l'offre du Conseil général en 1800, n'oubliera pas l'expression concrète que lui donna le secrétaire : les
1. Cf. les Antiquités Nationales de Millin, 1790, 5 vol. f'J.