Lettre du 8 janvier 1819 (Arch. Acad. B.-A
/(. Histoire générale de Paris. Topographie du Vieux Paris. Région occidentale de r Université, p. 428.
8/( l'intervention dans les ŒUVRES
géant une extension de la Bibliothèque, il fait un rapport que Guigniaut dit être définitif et précis \ 11 concluait en faveur du projet radical, de Yisconti, fils de l'archéologue Ennius- Quirinus, comme étant le plus pratique par ses dispositions et le plus artistique par la beauté de l'ensemble : il s'agissait, tout simplement, de raser les hôtels Tubœuf et de Nevers, et d'édifier à leur place, sur les rues Vivienne et des Petits- Champs, des galeries nouvelles àétages multiples^ Le projet ne fut pas exécuté ; mais voilà hautement patronné le futur architecte, d'hérédité si classique, des fontaines Louvois, Molière, Saint-Sulpice, et du tombeau de Napoléon ^
11 est regrettable que nous n'ayons pas retrouvé le rapport qu'il envoie en 1826 au comte de la Rochefoucauld, chargé du département des Beaux-Arts, sur le projet de Guis, professeur d'architecture à Marseille, de créer deux nouveaux ordres d'architecture, l'un « français », l'autre « françaisroyal )). La Rochefoucauld fut entraîné peut-être par l'exemple de Colbert en 1677, sinon de Saint-Valéry Scheult qui invente sous la Révolution un (( ordre héroïque français » avec chapiteau orné d'aigles et entablement de casques et de tambours ; toujours est-il qu il lui écrit que l'idée lui a paru motiver un examen \ L'examen du secrétaire perpétuel de l'Académie dut être aussi sévère que le jugement des classiques du xvii" siècle : car, à propos du Louvre pour lequel précisément Colbert' avait ouvert le concours fameux, il traite
1. Notice historique sur la vie et Vœuure de Qaatremère, édit. de 1866, p. 74.
2. Cf. les « Grandes Institutions de la Fronce. La Bibliothèque Nationale », igo8. — En i8i4 Yisconti avait eu le 2*^ Grand Prix sur le programme d'une c( Bibliothèque-Musée ».
3. Il est piquant de constater qu'en dépit du patronage donné en 1826 à Yisconti, ce furent les projets de H. Labrouste qui furent réalisés en i854, de Labrouste le révolutionnaire, dont Quatremère et l'Académie avaient tenté en 1829 de réprimer les jeunes audaces. Il appliqua à la grande salle de travail l'usage systématique, franchement accusé, du fer : témoignage d'impuissance selon les défenseurs de la tradition. Fer, faïence émaillée, groupement de coupoles, autant d'éléments de « nouveauté » !
4. Lettre de Guis à La Rochefoucauld, et lettre de ce dernier à Quatremère, 1825 (Arch. Acad. B.-A.).
5. Cf. la communicat. de M. Lemonnier à la Soc. de VHist. de l'Art français, 1908, p. 189 du Bulletin.
LES TUA VAUX d'aHT ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS 85
l'idée dv a ridicule » et l'invention de « chimérique' ». Ne touchons pas aux ordres traditionnels créés par la Grèce et Rome, définis par Vitruve : ils existent en soi comme des Arcliétypcs. En art le gallicanisme est une hérésie.
Ce n'était pas être hérétique que prendre souci du château de Chambord : il est de la Renaissance, et, pas plus que pour l'Hôtel de Ville, Quatremère ni personne ne doutait qu'il fût italien parle dessinateur, par les constructeurs, par le style. En 1821 l'Académie souscrit pour l'achat, non seulement par (( patriotisme », mais par intérêt à l'égard d'un « monument précieux pour l'histoire de l'architecture et pour l'art ^ », et Quatremère est de la commission non seulement d'achat, mais de restauration ^ Il est heureux que celle-ci ait négligé, après l'acquisition, l'œuvre de Pierre Nepveu, dit Trinqueau, et de Jacques Coqueau.
Mais c'est au Palais des Thermes que son intervention fut vraiment féconde, d'autant plus que le sort des constructions lui parut de bonne heure attaché au sort d'un musée d'antiquités nationales. Les deux idées, malgré leurs affinités logiques, ne se sont pourtant pas associées tout de suite dans son esprit. Dès 1791 il déclare bien avoir catalogué une centaine d'antiques gallo-romains originaux, mais c'est au Louvre, pour l'Ecole nationale de dessin, qu'il les voudrait recueillir comme une galerie de modèles''. Du groupe de ses intimes Clérisseau et Legrand' est partie en l'an II la campagne pour la restauration de la grande salle du Palais et pour l'installation d'un musée d'antiques, mais d'ornements d'architecture, et de toutes provenances. Lui-même, pendant que Grégoire attire la sollicitude de la Convention ^ sur cette ruine du Palais antique, l'évoque dans son rapport de