‹ Quatremère de Quincy et son intervention dans les artsChapitre 89 sur 396 · Arch. Nat., F'^i 582, II, et Lafolie, op. cil., p · texte numérisé non relu

Arch. Nat., F'^i 582, II, et Lafolie, op. cil., p

3. Procès verbaux, mss. de l'Acad., 22 novembre 1817, et Rapport du 2^ novembre (dossier 1817).

LES TRAVAUX d'aRT ET EMBELLISSEMENTS DE PARIS g5

plaisir de symétrie », et l'harmonie des lignes avec le site de la rivière et des quais; Temmarcliement, trop vaste, rapetisse l'eiTet de la statue; trop haut, les angles supérieurs du piédestal vont intercepter les j)arties supérieures du cheval et du cavalier, si finement travaillés. En une pareille œuvre, l'architecte, selon lui, doit se soumettre au sculpteur, meilleur juge des eflets d'harmonie. Le lo novembre de l'année suivante\ il se plaint encore au ministre qu'en laissant la statue empiéter sur la voie publique on lui enlève le surcroît de beauté qui vient d'une juste perpective. Elle a fini par être oii il voulait qu'elle fût. Le sentiment juste de l'adaptation au paysage incomparable s'est confondu avec le souci géométrique, qui calcula la place en fonction du carré.

L'œuvre achevée, il s'occupe avec Lemot de la fonte en bronze selon l'amalgame de Keller, dont il envoie la formule à Canova pour son Charles III à Naples, et compose pour le piédestal de marbre l'inscription ^ dont le latin et l'allure épigraphique commentent le goût de la statue. Quelquesuns avaient demandé le français. Le style lapidaire en français! et sur le piédestal d'un héros! Il faut être ce bohème de Jal, et les romantiques, pour lancer de pareils blasphèmes\ Mais l'Académie des Inscriptions, par l'organe de Quatremère, a voulu, pour le monument d'airain comme pour les médailles, la langue commémorative par excellence parce qu'elle est éternelle. S'il assiste au transfert de la statue, des ateliers du Roule au Pont-Neuf, sur un chariot traîné par des bœufs, s'il signe à la cérémonie d'inauguration', le 25 août 1818, immédiatement après Séguier, s'il collabore, à l'Académie des Inscriptions, au type des médailles com-

1. fVrch. Nat., I"-^ 58:^, II, 2^^ liasse, lettre du 10 novembre i8i8 au ministre.

2. C'est lui, en effet, qui en est l'auteur (Procès-verbaux de la commission des Médailles, 8 août 1817; Moniteur, 27 août 1818 ; Prudhomme, Voyage Descriptif de l'ancien et du nouveau Paris, 1821, t. I, p. 271). — Elle fut violemment critiquée par Collin de Plancy, Anecdotes du xix^ siècle, t. II, 1822, p. 83-8/i. — Quatremère la refit vers 1827.

3. Salon de 182-], p. 2/47. « Le bon peuple qui a payé la statue ne serait pas fâché de comprendre ! »

l\. Moniteur, 22 août 1817.

q6 l'intervention dans les œuvres

mémoratives. c'est que la statue était un peu sienne : timide compromis entre la bonhomie du Henri IV de Franqueville et les réminiscences du Marc-Aurèle du Capitole, il voyait en elle un commencement d'adhésion du nouveau régime à son esthétique V

Le Louis XIV équestre de la place Bellecour à Lyon fut la seconde. Ici encore il fut associé au destin de l'œuvre dès 1820 par Lemot lui-même, qui demande que Ouatremère fasse partie de la commission chargée de surveiller son travail". (( Délégué » en effet par la ville de Lyon, il envoie tous les six mois son rapport de tutelle. Sans doute le programme ^ (( stipulant que le costume héroïque de l'ancienne statue sera conservé », dispensait sur cette question de style de toute initiative; cependant, le programme prévoyait « les améliorations indiquées par le goût et le progrès des arts»; et Lemot, gloire lyonnaise, avait assez d'autorité pour faire adopter ses vues par le Département. Le sculpteur, mis en goût par son Henri IV, et sur les instances du romantique Jal, eût désiré renoncer à la tradition de l'accoutrement héroïque ; mais, dit il, (( si je fais autrement, on me chassera de l'Académie*». En effet, le cheval descend de celui de Marc-Aurèle; Louis XIV, assure Quatremère, c( n'avait jamais été représenté sous un aspect à la fois plus idéal et plus vrai ». Le style « poétique », qui (( fait sortir le sujet des termes d une imitation locale ou individuelle, pour le transporter dans la sphère des idées et des images abstraites généralisées », lui a donné, pour remplacer la perruque historique, « une chevelure naturelle, abondante, mais disposée avec goût », la chlamyde, la cuirasse et (( d'élégants brodequins^ ». Le roi du grand siècle passe empereur romain. Quatremère, satisfait, alla faire à l'atelier du Roule « la reconnaissance et la réception sous

1. La statue fut teintée en 1819 d'une double couche de... vert antique (Journal des Bâtiments et des Arts, 1819, p. 160).

2. Nouvelles Arch. de l'art franc., 1900, p. 0i-63; avec Heurtier et Percier (Moniteur, 19 janvier 1821).

3. Arrêté du préfet du Rhône, 3 août 1826 (collection H. Jouin). fi. Jal, Salon de 1827, p. 2^3, note,

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