Salon de i83i, p
5. Annales de Littérature et des Arts, 1822, p. 398. — Cf. aussi le Moniteur, 25 août 1822.
q8 l'intervention dans les oeuvres
Pour la fonte, opération toujours délicate, Quatremère, chargé par le ministre de l'Intérieur d'examiner au point de vue de l'art et de la technique le traité passé entre Bosio et le fondeur Carbonneau, estime d'abord que la statue ne doit pas être fondue en un trop grand nombre de morceaux séparés ^ La multiplicité des divisions et(( coupures » déplaît à son esprit, qui ne conçoit qu'en bloc et n'admet en art que des masses très cohérentes. Puis, il avance que si elle doit n'avoir, comme le voulait Bosio, que trois lignes d'épaisseur au lieu de six ou huit qu'a le Henri IV, il en faut changer la composition : le cheval cabré ne se soutiendrait plus. Il se cabre toujours, comme ceux des Panathénées, comme ceux des bas-reliefs du piédestal, qui règlent aussi leurs actions sur les prototypes grecs ; mais l'épaisseur du bronze, aux jambes postérieures, a été augmentée, et la queue collée au piédestal : Quatremère a donc intercepté l'élan, si tant est que le (( coursier » primitif de Bosio en eût été capable ; il y avait d'ailleurs quelque gloire à avoir obtenu une épaisseur de métal que n'ont, comme le faisait remarquer le fondeur, ni le Rotator, ni l'Hercule, ni le Laocoon.
C'est lui encore qui, dans un rapport au ministre^ en 182 1, au nom d'une commission académique composée de Percier, Cartellier, Dupaty et Thibault, arrête que la terrasse ou plinthe du monument sera, non en bronze comme le désirait l'architecte Alavoine pour la distinguer du piédestal, mais en marbre blanc comme le voulait Bosio ; le reflet fera ressortir, sur le poitrail et le ventre du cheval cabré, les finesses du modelé. Ici comme au Pont Neuf, c'est la sculpture qui doit avoir la prééminence ; c'est au sculpteur à régler les proportions, la forme et le style de l'ensemble. Pour les bas-reliefs, il détermine, dans un rapport au Mi-
I. Arch. Nat., F^' 583, i. — Le Louis XIV, par économie, devait être fondu dans un moule de sable et en plusieurs morceaux, tandis que le Henri IV avait été fondu à cire perdue et en deux parties seulement.