‹ QuatrevingttreizeChapitre 43 sur 45 · MARAT DANS LA COULISSE · texte numérisé non relu

MARAT DANS LA COULISSE

Marat toujours immobile n’écoutait pas, il était comme absorbé par une préoccupation sévère.

Il tenait dans sa main et froissait entre ses doigts un papier sur lequel quelqu’un qui l’eût déplié eût pu lire ces lignes, qui étaient de récriture de Momoro et qui étaient probablement une réponse à une question posée par Marat :

« — Il n’y a rien à faire contre l’omnipotence des commissaires délégués, surtout contre les délégués du Comité de salut public. Génissieux a eu beau dire dans la séance du 6 mai : « Chaque commissaire est plus qu'un roi, » cela n’y fait rien. Ils ont pouvoir de vie et de mort. Massade à Angers, Trullard à Saint-Amand, Nyon près du général Marcé, PaiTcin à l’armée des Sables, Millier à l’armée de Niort, sont tout-puissants. Le club des Jacobins a été jusqu’à nommer Parrein général de brigade. Les circonstances absolvent tout. Un délégué du Comité de salut public tient en échec un général en chef. »

Marat acheva de froisser le papier, le mit dans sa poche et s’avança lentement vers Montant et

QUATREVIN’GT-TlîRIzn.

Chabot qui continuaient h causer et ne rayaient pas yu entrer.

Chabot disait :

— Maribon ou Montaut, écoute ceci : je sors du Comité de salut public.

— Et qu’y fait-on?

— On y donne un noble h garder à un prêtre.

— Ah!

— Un noble comme toi...

— Je ne suis pas noble, dit Montaut.

— A un prêtre...

— Comme toi.

— Je ne suis pas prêtre, dit Chabot.

Tous deux se mirent à rire.

— Précise l’anecdote, repartit Montaut.

— Voici ce que c’est. Un prêtre appelé Ciinourdain est délégué avec pleins pouvoirs près d’un vicomte nommé Gauvain ; ce vicomte commande la colonne expéditionnaire de l’armée des Côtes. Il s’agit d’empêcher le noble de tricher et le prêtre de trahir.

— C’est bien simple, répondit Montaut. Il n’y a qu’à mettre la mort dans l’aventure.

— Je viens pour cela, dit Marat.

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