‹ Quatrième croisade; la diversion sur Zara & ConstantinopleChapitre 12 sur 20 · LETTRE DU 8 MAI · texte numérisé non relu

LETTRE DU 8 MAI

(Extraite des Archives de V Orient latin^ 1. 1, p. 388. )

« Innocentius episcopus servus servorum Dei vene rabilibus fratribus [Benedicto] patriarche Gradensi, [Marco] Gastellano, [Johanni] Torcellanensi, et [Dominico] Glugiensi, episcopis, et dilectis fîliis abbatibus, prioribus et universis clericis in eorum diocesibus constitutis, salutem et apostolicam benedictionem.

« Ad auferendam maliloquis materiam detrahendi , cum laicos ssepius per legatos et litteras nostras curaverimus commonere, ut pro Terre Sancte s-uccursu res exponerent et personas, ne clericorum pecunie parcere videremur, non parcentes sanguini laicoram, decimam partem proventuum et redituum nostrorum ad ejusdem terre subsidium duximus deputandum; omnibus ecclesiarum prelatis, immo etiam clericis universis, in virtute Sancti Spiritus et sub divini judicii attestatione mandantes ut saltem quadragesimam partem ecclesiasticorum reddituum et proventuum suorum, sestimatione habita diligenti, in subventionem terre orientalis fideliter erogarent. Gum igitur dilecti filii, Henricus dux et populus Venetorum eidem terre magnifiée subvenire proponant et Grucifixi valeant injuriam vindicare , ne vos divine retributionis et apostolice sitis remissionis expartes , universitatem vestram rogamus, monelnus et in remissionem injungimus peccatorum, qiiatinus décimas, que vobis et ecclesiis vestris de bonis parrochianorum vestrorum, qui infra unius anni spatium decesserant, provenerunt, et eorum qui usque ad annum bona snn voluerint

decimare, ita tamen quod de hiis que in posterum acquisierint non fraudemini jure vestro, eisdem in opus tam pium misericorditer concedatis. Ad quod vos non duximus compellendos, ut gratuita sit vestra eleemosyna, non coacta.

t .Data Laterani, viii idus maii, pontificatus nostri anno quarto. »

Nous avons tenu à donner in extenso cette lettre du 8 mai 1201, que nous avons signalée (p. 110), et que M. Riant a raison de regarder comme étant d'une importance capitale pour l'histoire des préliminaires de la quatrième croisade. S'il l'eût connue avant de publier son Mémoire sur hmocent III, Philippe de Souabe et Boniface de Montferrat, peut-être eût-elle modiflé ses convictions sur le rôle joué par Venise au début de la croisade.

La lettre rappelle tout à fait dans sa teneur les Lettres prédicatoires de la première année du pontificat, dont nous avons parlé plus haut (p. 34). Si elle n'était pas datée d'une façon aussi précise, on pourrait être tenté de la croire écrite à la fin de Tannée 1198, alors que le doge et les Vénitiens venaient de se croiser pour la première fois. Un mot pourtant , le « magnifice subvenire proponant » semble bien indiquer que nous sommes an lendemain du traité d'août 1201, alors que les Vénitiens viennent de donner, aux croisés comme au Saint-Siège, un si éclatant témoignage de leurs bonnes dispositions, en promettant le concours de cinquante galères armées pour la délivrance de la Terre-Sainte.

CONVENTION DE MARS 1204 (ENTRE LES CROISÉS ET LES VÉNITIENS POUR L'ÉLECTION DE l'eMPEREUR, ET LE FARTAGE DE l'eMFIRE).

Nous avons voulu rapprocher du texte même du contrat le résumé qu'en donne Villehardouin. On verra que l'un est la reproduction exacte, et pour ainsi dire littérale de l'autre:

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