‹ Quatrième croisade; la diversion sur Zara & ConstantinopleChapitre 7 sur 20 · RELATIONS DES RÉPUBLIQUES ITALIENNES AVEC ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

RELATIONS DES RÉPUBLIQUES ITALIENNES AVEC ALEXANDRIE

d'après HEYD.

« Il viaggiatore Beniamino di Tudela che venne in Egitto durante i primi tempi del governo di Saladino, riempie veramente una lacuna nelie nostre cognizioni in questo riguardo. Enumerando egli i popoli che allora facevano commercio in Alessandria specialmente per comperare le droghe dell' India, e che avevano cola i lori proprî fondachi, egli nonrina de paesi italiani la Toscana, la Lombardia, la Puglia e la Sicilia, e délie città délia penisola Amalfi, Genova et Pisa. Da cio risulta che i negozianti di moite parti d'Italia allora visitavano l'Egitto per ivi dimorare più o men lungo tempo. Noi ci dobbiamo per altro meravigliare che nel Telenco di Beniamino non leggiamo il nome de Venezia. È possibile che il viaggiatore ebreo Tabbia compresa sotto il nome générale di Lombardia, che questo non puo indicare l'interno di questa parte d'Italia, ma solo il litorale dell' Adriatico. Gerto è, che sono antichissime le relazioni commerciali di Venezia coll' Egitto, e che le navi di questa republica continuavano anche sotto Saladino a frequentare il porto d' Alessandria c'insegna un passo délia continuazione di Guglielmo di Tiro, di cui à siamo già valsi. Ma soltanto nel principio del secolo decimoterzo i Veneziani acquis tarono in Egitto maggiori diritti e più estesi

possessi. » (Heyd, Le Colonie commerciali degli lialiant in Oriente..,, t. Il, p. 480-481.)

On voit, par ce passage de Heyd, que Benjamin de Tudela ne cite pas mènae Venise parmi les républiques italiennes, entretenant d'activés relations avec Alexandrie, avant la quatrième croisade. Il est certain qu'une pareille omission est étrange, et rexplicatîon que Heyd cherche à en donner est plus étrange encore. Gomment admettre que le voyageur juif, quand il prend la peine de citer nominativement Amalfi, Pise et Gênes, se soit contenté de désigner, sous l'appellation générale de « Lombardie », Venise et les villes italiennes de l'Adriatique?

Il est fort probable, et nous sommes en ceci de Tavis de Heyd, qu'il se trouvait à Alexandrie, au temps de Saladin, des marchands vénitiens, comme des marchands d'Amalfl, de Pise ou de Gènes.

Mais le silence de Benjamin de Tudela nous autorise à penser qu'ils étaient peut-être moins nombreux que les autres; et, dans tous les cas, Heyd est le premier à reconnaître qu'ils étaient loin d'y avoir une situation privilégiée. Cette situation, ils ne l'auraient acquise, suivant lui, qu'après la quatrième croisade, et en retour de l'alliance contractée par eux avec le soudan d'Egypte, à l'occasion même de la croisade.

Nous ferons d'abord observer que si Venise obtint, dans les premières années du XIIP siècle, des droits nouveaux à Alexandrie, elle n'y sup-

planta nullement les autres cités italiennes, ses rivales ; nous n'en voulons d'autre preuve que le témoignage même de Heyd :

« Mentre i Veneziani in tal modo entravano nel novero délia nazioni commerciali che in Egitto godevano de' privilegi , anche i Pisani continuavano a mantenere con questo paese le loro antiche amichevoli relazioni.... Marsucco dei Teperti fu inviato in Egitto nel 1207 per conchiudere un nuovo trattato. Le richieste

porte da lui farono le seguenti Che tutte queste

doniande fossero infatti incordate, dice espressamente la lettera di salvacondotto, consegnata al Marsucco per il suo ritorno , ed un diploma di Âlmalich Aladil, che è probabilmente contemporaneo, assicura i Pisani, fra le altre cose, che i dazî finora esistenti non verebbero alterati. » (Heyd , t. Il, p. 185-186.)

Il est de toute évidence que les Pisans avaient dû réclamer des privilèges au moins égaux à ceux que pouvaient obtenir, au moment même peutêtre, les Vénitiens. Donc, de ce que Venise se trouvera désormais à Alexandrie, sur le même pied que d'autres républiques italiennes, a-t-on vraiment le droit de conclure que ces privilèges ont été , n'ont pu être que le prix d'une trahison ?

Qu'on veuille bien songer, au contraire, à la situation sans égale, sans rivale, qu'eût donnée à Venise la conquête d'Alexandrie, faite avec son concours , avec sa participation ! Les partisans de la trahison vénitienne énumèrent avec complaisance tous les avantages que Venise a retirés de

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rexpédition de Gonstantinople , et ce leur est une raison suffisante d'affirmer que ladite expédition est Tœuvre des Vénitiens. Est-ce que Venise n'eût pas gagné cent fois plus à mettre dans sa main le commerce d'Alexandrie , ce grand marché du monde ? C'est là un côté de la question qu'on n'a jamais examiné, que nous sachions, et qui aurait peut-être son intérêt. Sans les divisions de nos croisés, qui rendirent à peu près impossible la marche sur Alexandrie, qui sait si Venise n'eût pas poussé à la conquête de l'Egypte, autant et plus qu'elle n'a poussé à l'expédition de Grèce? Est-il même bien certain qu'elle ne soit pas pour quelque chose dans le projet primitif de nos croisés d'attaquer les musulmans en Egypte et non en Syrie? Ce sont là des questions que lelat actuel de la science ne permet pas de résoudre. Nous nous contentons de les poser, persuadé qu'elles méritent l'attention sérieuse de tous ceux que préoccupe le problème de la quatrième croisade.

TRAITÉ d'avril 1201.

Les principales clauses du traité d'avril 1201, que nous reproduisons ici, en même temps qu'elles serviront à éclairer notre discussion, prouveront une fois de plus l'exactitude de Villehardouin.

Le texte intégral se trouve, ainsi que nous l'avons indiqué (p. 112), cité par Muralori, au tome XII des Scriptores rerum Italicarum (en note, col. 323-325). Muratori nous apprend qu'il lavait tiré lui-même d'un manuscrit de la chronique de Dandolo , conservé à la bibliothèque Ambroisicnne de Milan : « In cake codicis Ambrosiani additiir hoc. » C'était là sans doute une des additions précieuses dues à Pinelli, dont il est question dans la préface de Muratori: « Pinellus... nactus exemplar Danduli historiœ , illiusque pretium digna pendens œstimatione, nihil curse neglexit ut opportunis omnibus supplementis adjectis ornatior exactiorque institueretur. » Or, Pinelli avait eu à sa disposition les sources les meilleures et les plus sûres de l'histoire de Venise, entre autres le ^ Gemimis liber Pactorum dictus qui sancita cum flnitimis remotisque fœdera, paces pactaquc referebat » C'est, selon toute vraisem-

blance, le « Liber Pactonim » qui lui a fourni les divers traités relatifs à la croisade, et notamment le « Pactum Balduini... » dont l'autorité devient ainsi- à peu près indiscutable.

TRAITÉ DES COMTES BAUDOUIN, TmBAUT ET LOUIS

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