TITRES HONORIFIQUES
Comme Accoucheur de S. A. R. Madame la Duchesse •de Berry, les titres honorifiques sont venus me trouver au delà de toutes mes espérances. On a déjà vu que sa Majesté, lors du baptême de Mademoiselle, m’a nommé Chevalier de l’Ordre Royal de St- Michel, que le lendemain de la naissance de Monseigneur le Duc de Bordeaux, sur la demande de S. A. R. Monsieur, Comte d’Artois, j’ai été nommé Chevalier de l’Ordre Royal de la Légion d’honneur, et que le cinq octobre, je fus nommé Médecin adjoint de la maison d’accouchement. Cette naissance m’a encore gratifié de l’ordre Royal de Constantin des Deux Siciles et à l’occasion de cette même naissance, l’Archi-confrérie du St-Sépulcre de Jérusalem a cru devoir s’associera l’allégresse publique en me faisant remettre gratuitement et sans que j’aie fait la moin-
dre démarche près d’elle, le brevet de la belle croix en or de cet ordre, qui, bien qu’à cette époque, il ne fût plus qu’une association de bienfaisance, n’en était pas moins recherché.
Ainsi de bon compte, voilà bien quatre décorations, dont deux auraient été d’autant plus que suffisantes pour mettre le comble à tous mes désirs, qu’étant encore sans fortune, que pour les porter dignement, il en aurait fallu. Peut-être qu’à cet égard, on s’en est entièrement reposé sûr la dignité personnelle de l’honneur, car aucune ne me donnait droit à la plus médiocre pension viagère, pas même le titre de médecin de la maison d’accouchement (i).
(i) Quelques jours après l’intrigue qui tendait à me réduire au rôle de matrone, une personne lut chargée de me sonder, je ne sais de la part de qui, pour savoir si le titre de Baron me flatterait; mais ayant demandé brusquement à cette personne : que voulez-vous que je fasse de ce titre, je vous prie, étant sans enfants et sans fortune? il n’en fut plus question. Néanmoins, dans le monde, on croitque je le suis, car tous les jours je reçois des lettres qui me donnent ce titre.