‹ Quatrième grossesse de la duchesse de BerryChapitre 7 sur 21 · AUPRÈS DE · texte numérisé non relu

AUPRÈS DE

S. A, R. Madame la Duchesse de BERRY.

Le 24 mars étant encore vers onze heures du matin auprès de S. A, R., M. Dupuytren accompagné de M. de*** fut introduit près de la Princesse. Après lui avoir rendu ses hommages et nous avoir salué, il fit quelques questions à S. A. R. sur sa position et sans aucun égard pour l’accoucheur qui était présent, il conseilla divers moyens que j’avais déjà prescrits et dont S. A. R. faisait usage. Puis se tournant vers moi, il*me dit avec ce ton qu’il avait pour habitude de prendre avec les jeunes médecins :

Depuis plusieurs années que vous donnez des soins à S. A. R. vous devez avoir des notes sûr son état habituel de santé et sur les diverses affections qu’elle a éprouvées depuis son arrivée en France, veuillez bien me les communiquer.

Peu habitué à un pareil ton, je priai mon confrère de vouloir bien me dire à quel titre il me faisait cette demande.

M. Dupuytren avec qui j’avais eu jusque-là peu de rapports, surpris probablement de ma réponse, parut réfléchir un instant ; puis il nous répondit : « Mais

«pour donner des soins à S, A. R. il faut bien être « au courant de sa santé. »

Vous n’avez point répondu à ma demande, Monsieur ; mais comme je serais très-flatté de vous avoir pour Collègue, je vous prie de me faire connaître quel est votre titre auprès de S. A. R.

Celui d’avoir été appelé près d’elle pour lui donner des soins.

C’est une marque de confiance, sans doute, et qui vous honore; mais que ce soit comme Chirurgien ou comme Médecin, je vous prie, Monsieur, de ne pas oublier que depuis quatre ans, je suis l’accoucheur de S. A. R. j’ajoute que c’est à ce titre que dans la matinée du i 3 février dernier, S. A. R. Monseigneur le duc de Berry, m’a rendu responsable envers la famille royale des suites de la grossesse; et qu’en conséquence la princesse ne doit rien prendre et ne rien faire, qu’au préalable j’aie été consulté.

Je ne pense pas, Monsieur, m’être écarté des égards que les médecins se doivent réciproquement.

Je vous en laisse juge, Monsieur; quant aux notes que j’ai prises sur la santé de la princesse depuis quatre ans, elles ne concernent que l’accoucheur, et non le médecin ou le chirurgien de S. A. R.; que ces Messieurs vous communiquent les leurs, ils en sont les maîtres.

Mais S. A. R. n’a donc pas par devers elle un journal de sa santé ?

J’ignore ce que mes collègues ont fait; quant à moi j’affirme en avoir un très-détaillé.

Mais, dit Madame de *** qui était présente à cette discussion, il me semble que vous devez le remettre à S. A. R. afin qu’elle puisse le communiquer aux

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