‹ Quatrième grossesse de la duchesse de BerryChapitre 9 sur 21 · CO · texte numérisé non relu

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Royale; nous nous sommes donc encore demandé pourquoi elle n’y paraissait plus comme par le passé, et nos réflexions nous conduisirent naturellement à en déduire cette conséquence, que pour paraître aux dîners et aux réunions, il fallait que la Princesse rendît ses devoirs au Roi, c’est donc, avons-nous dit, à la contrainte qu’éprouve S. A. R. quand elle se trouve seule en présence du Roi, qu’il faut attribuer son absence à la Cour.

Néanmoins et malgré nos réflexions sur ce sujet, nous n’étions pas si certain d’en avoir découvert la cause, qu’il ne nous restât encore plus que des doutes, car nous avions même la crainte qu’on ne fût parvenu à convaincre sa Majesté que nos exigences étaient la cause qui avait empêché S. A. R. d’aller rendre ses devoirs au Roi aussitôt son retour de St-Cloud, et nous avions de fortes raisons pour croire nos craintes très-fondées, lorsque dans l’une de nos visites du soir, Madame nous ayant dit quelques mots de ce qui se passait entre elle et sa Majesté, elle nous fournit l’occasion d’éclaircir nos doutes.

Il est cependant répandu dans le monde, lui avonsnous dit, que notre sévérité est le vrai motif qui empêche S. A. R. d’aller à la Cour, et nous devons lui avouer que cette réputation nous fait de la peine.

« Je suis fâchée que toutes les apparences soient « contre vous, nous dit la Princesse ; mais tout s’é- « claircira et l’on finira par savoir, qu’autant de temps « que le Roi tiendra à conserver dans son cabinet où « l’on se réunit après le dîner, le portrait de M. de « Caze, que je déteste, je n’irai pas chez lui. Vous êtes « discret, ajouta-t-elle de suite, et cette confidence « est pour vous tranquilliser. »

Madame peut être convaincue que nous saurons conserver la bonne opinion qu’elle a de nous, dût-elle nous faire une réputation de sévérité encore plus grande.

Elle ne l’est déjà que trop pour vous, peut-être; mais tout le monde finira comme Monseigneur et moi par vous rendre justice.

Si nous avons le bonheur que S. A. R. donne le jour à un Prince, nous oserons seulement l’espérer.

Je le désire pour nous et pour vous ; mais si je n’ai encore qu’une fille, il faudra bien se soumettre aux décrets de la Providence.

Et si cela arrive, Madame, l’accoucheur restera avec sa réputation de sévérité.

Peut-être bien, répliqua vivement la Princesse ; mais pour ce qui me concerne, avouez que vous l’aurez bien méritée.

Je ne puis en disconvenir, Madame, mais le motif.

Ah ! ne prenez pas ceci pour un reproche, sans votre fermeté, je n’aurais peut-être pas Louise.

L’heure du coucher étant arrivée, je pris congé de S. A. R. avec la certitude que mes exigences n’étaient point la cause qui l’empêchait de rendre ses devoirs à sa Majesté et de se trouver aux réunions de la famille Royale, mais qu’on pouvait bien les donner comme prétexte de sa conduite ce qui, auprès de sa Majesté, était peu bienveillant pour l’accoucheur.

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