CXLV
1142. — Saint-Médard.
L’évêque Joscelin consacre l’église Sainte-Sophie, avec l’autel placé h la croix derrière le chœur.
Cf. Pécheur, Ann. dioc. Soiss., II, p. 3 i 4 .
[Cette église était construite dans la clôture du monastère de Saint- Médard ; elle avait été commencée vers Tan 826 par Hilduin, abbé de Saint-Médard. Il peut paraître extraordinaire que la consécration en ait été faite seulement en 1142. L’abbé Pécheur ne cite pas ses sources.]
Avec le consentement de son chapitre, d’accord avec le chapitre d’Ourscamp qui l’avait possédé, Joscelin, évêque de Soissons, donne à l’abbaye de Saint-Médard, per manum Galeranni, Ursi campi abbatis, le champ de Saint-Martin, sur la colline d’Attiehy, avec sa dîme et son terrage, moyennant un cens de trois sous, monnaie de Meaux, que l’évêque donne à l’abbaye d’Ourscamp.
L’acte est signé par Milon, évêque de Térouanne ; le prévôt Ancoul, le trésorier Raoul, les archidiacres Thibaud et Gautier, le doyen Normand, le comte Renaud, le prévôt Anselme.
Cop. Arch. Nat., LL, 1021, Cartul. de Saint-Médard, f° 186. = Cop.
Arch. dép. Aisne, H. 477, Cartul. moderne de Saint-Médard, f° 81.
L’acte n’est pas daté ; Normand devient doyen à la fin de 1139 ; Galeran meurt le 29 mai 1142.
CXLYII
n 43 . — Avant le 2 juin.
Samson, archevêque de Reims, obtient enfin du comte Henri de Château-Porcien et de Clâirembaud de Roset, la restitution de l’église de Sainte-Marie, de Château-Porcien (diocèse de Reims), tombée depuis longtemps aux mains des comtes du Porcien qui se la transmettaient par voie d’héritage. Selon la volonté des deux seigneurs, l’archevêque en transmet la possession à l’abbaye de Saint-Nicaise par une charte que souscrivirent Joscelin, évêque de Soissons; Geofïroi, évêque de Châlons; saint Bernard et quelques autres abbés.
MÉLANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE
Éd. Marlot, II, p. 337 (fragments). = Ind. Varin, Arch. a dm. de Reims, I, 3 o 6 . = Cf. l’analyse qu’en donne Mabillon, Ann. bened., VI, 3 7 o.
L’acte est daté de u 43 , 3 e année de l’épiscopat de Samson.
Été 1 143 . — Vitry.
Suger, abbé de Saint-Denis et Joscelin, évêque de Soissons, du côté du roi ; Hugue, évêque d’Auxerre et saint Bernard, du côté du comte Thibaud, négocient la paix de Vitry qui met fin momentanément aux hostilités de Louis VII et de Thibaud, comte de Champagne.
Moyennant la restitution de Vitry et l’engagement pris par le roi de mettre en possession des domaines de l’évêché de Châlons, l’évêque que le chapitre allait élire, par conséquent de retirer sous peu de jours ses troupes qui occupaient cet évêché, le comte consent a jurer qu’il fera lever la sentence d’excommunication et d’interdit prononcée par le légat contre Raoul de Vermandois et Pétronille, sœur de la reine Aliénor, qu’il avait indûment prise pour femme après avoir répudié son épouse légitime, nièce du comte Thibaud.
Les signataires étaient chargés de veiller à l’exécution du traité.
Cf. D’Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et comtes de Champagne, II, ch. ix, p. 344 et seq. — Vacandard, Saint-Bernard, II, i 83 . — Luchaire : dans Hist. de France, publiée par Lavisse, tome III, i re partie, p. 6 et seq. — Cartellieri, Aht Suger, p. 4 o.
n 43 . — Avant le I er août.
Joscelin confirme tous les biens possédés par les religieux de Saint-Sulpice dans son diocèse. Il rappelle notamment que des oblations faites dans l’église de Saint-Sulpice, deux parts doivent revenir aux moines, et une au prêtre qui dessert la paroisse.
Orig. Arch. Nat., K, 23 , n° 11 3 .— Bibl. Nat., dans Chartes de la Picardie et de l’Artois, N. a. 1 . 2096. — Cop. Bibl. Nat., Coll. Gaignières, Latin, 17028. = Tardif, Mon. hist., n° 475.
Août n 43 .
Saint Bernard écrit à Suger, abbé de Saint-Denis, et à Joscelin, évêque de Soissons, une lettre véhémente où il répond aux griefs que le roi Louis VII prétend avoir contre le comte Thibaud de Champagne.
Il va jusqu’à rendre les deux conseillers responsables du mal que commet le roi : « An t>os ei consultis talia ? Miruin valde, si contra vestrum comilium fiunt hæc : mirum magis et malum si vestro cohsilio fiunt... Et t>os ipsi si pacem desideratis ecclesiæ, sicut oportet filios paçis , quomodo non dicam tracta tis ea, sed vel interestis consiliis tam malignis ? Quidquid enitn mali fecerit, merito non Régi juveni, sed consiliaribus senibus imputatur. »
Sources : HF., XV, 588 [Ép. 222 S l -Bern.]. — Duchesne, t. IV, Rer. francic., p. 452 .— Vacandard, Saint-Bernard, II, p. 191. — Pécheur, II, 43 1. —D’Arbois de Jubainville, H re des ducs et comtes de Champagne, II, 344 et seq. — Cartellieri, Abt Suger, p. 4o, et n° 112. '
[L’abbé Vacandard attribue cette lettre aux premiers jours du mois d’août ii43, en la rapprochant de la lettre 38 1, écrite dans les premiers jours de septembre ii43. — Ep. 38 i, éd. HF., XV, 590 , — et note c.]
11 43 . — Après le I er août. —; Reims.
Lenoul, vicomte de Hugue comte de Rouci, et son fils Eble qui avaient longtemps accablé de vexations les hommes de Trigni, domaine de l’abbaye de Saint-Thierry, en exigeant d’eux des redevances qui ne leur étaient pas dues, consentent à rendre justice à l’abbaye; et en présence de Samson, archevêque de Reims; de Joscelin, évêque de Soissons, et de Barthélemi, évêque de Laon, ils font la paix avec Saint-Thierry. La charte des évêques fixe les droits de chacun sur Trigni.
Chaque évêque s’était fait accompagner à Reims par des digni-
taires de son église : Joscelin avait avec lui l’archidiacre Raoul, le chapelain Jean, le sous-diacre Ilugue.
Éd. Varin, Arch. adm. de Reims , I, 3o6 (d’après le Cartul. de S l - Thierry, f° 84, verso). — De Florival, Barth. de Vir. } p. 255.
L’acte est daté de 11 43, ind. 6 , 8 '* année du règne de Louis VH, 4 P de l’archiépiscopat de Samson. Il y a désaccord entre ces deux mentions chronologiques ; il faut lire « VII e » année de Louis VU.